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À Strasbourg, le mentorat devient un nouvel outil d’ancrage territorial pour les entreprises
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À Strasbourg, le mentorat devient un nouvel outil d’ancrage territorial pour les entreprises

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Depuis trois ans, une quinzaine d’entreprises alsaciennes mobilisent leurs salariés pour accompagner des collégiens et lycéens issus de quartiers prioritaires dans leur orientation. Stages, visites d’entreprise, sorties culturelles : via le programme Télémaque, ces mentors ouvrent à ces jeunes des perspectives souvent éloignées de leur environnement immédiat.

Garance Zappini est responsable régionale Grand Est pour le programme Télémaque — Photo : Marine Dumeny

À première vue, cela ressemble à une simple sortie culturelle. Ces trois dernières années, Marie Daniel, salariée de BNP Paribas, a accompagné Laila Fayad, aujourd’hui lycéenne à Strasbourg. Sorties au théâtre, expositions, ballets, discussions sur l’orientation : leur binôme s’est construit au fil du temps. Avec un effet concret. Grâce au réseau de sa mentor, Leïla a décroché un stage dans un cabinet d’avocats, qui a conforté son projet professionnel.

Ce duo s’inscrit dans le programme de l’association Télémaque, créée en 2005 avec le ministère de l’Éducation nationale pour lutter contre l’autocensure scolaire et sociale. Son principe : associer, dès la 5e, un jeune scolarisé en REP ou REP + à un double mentorat, scolaire et professionnel, jusqu’au baccalauréat. L’objectif étant de leur ouvrir l’accès à la culture, au monde de l’entreprise et à des perspectives d’orientation souvent éloignées de leur environnement immédiat.

Plus de 80 jeunes déjà accompagnés via le programme Télémaque

Implanté dans le Grand Est depuis trois ans, le dispositif a déjà accompagné plus de 80 jeunes dans l’Eurométropole de Strasbourg. Vingt-cinq nouveaux venus doivent intégrer le programme à la rentrée. Derrière cette mécanique, une quinzaine d’entreprises alsaciennes, grands groupes comme PME, financent le modèle par le don, parfois via leur fondation, et choisissent ou non d’y associer leurs salariés comme mentors.

Le mentorat comme outil d’ouverture

Pour Marie Daniel, l’accompagnement ne consiste pas à faire du soutien scolaire. "Le premier rôle, c’est de créer un lien", explique-t-elle. Avec Laila, cela passe par des sorties culturelles, mais aussi par la découverte de métiers et des réseaux. Un accompagnement souple, qui repose sur la régularité.

À côté du mentorat, Télémaque mobilise aussi une aide financière : 350 euros par an apportés au collège, 700 euros au lycée. Elle sert à financer des activités culturelles, des frais de transport ou certains frais liés aux stages et aux projets d’orientation.

Pour les entreprises, un levier RH et territorial

Pour Frédéric Créplet, PDG d’Energys et président territorial de Télémaque Grand Est, le programme répond à une logique très concrète : reconnecter l’entreprise à son environnement immédiat.

Son groupe, spécialisé dans la performance énergétique et la transition environnementale des bâtiments, est implanté dans un quartier populaire de Strasbourg. "L’idée, c’est que les collaborateurs ne viennent pas seulement travailler ici le matin pour repartir le soir sans voir ce qu’il y a autour", explique-t-il.

L’intérêt, selon lui, est double. Pour le salarié d’abord, qui trouve dans ce rôle une forme d’utilité complémentaire, renforçant son sentiment d’engagement et son attachement à l’entreprise. Pour l'entreprise ensuite, qui peut mieux comprendre et approcher des viviers de jeunes talents souvent éloignés de ses circuits habituels de recrutement. "Ces quartiers sont autant de talents pour demain", résume-t-il. Un enjeu qui résonne avec les tensions de recrutement dans les métiers techniques et numériques.

Une RSE accessible aux PME

Pour Garance Zappini, responsable régionale de Télémaque Grand Est, le programme séduit aussi parce qu’il reste accessible. Dans la région, 67 % des partenaires sont des TPE, PME ou ETI. Certaines financent un seul jeune, d’autres davantage.

Le modèle permet ainsi à des entreprises de taille intermédiaire de s’engager sans déployer une stratégie RSE lourde. "La discussion peut commencer avec un seul jeune", appuie Garance Zappini, responsable région Grand Est de Télémaque. Une manière, pour les PME, de traduire concrètement leur engagement territorial et social dans la durée.

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