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La start-up Pangolin Défense veut s’imposer sur le marché des solutions de protection balistique
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La start-up Pangolin Défense veut s’imposer sur le marché des solutions de protection balistique

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En Haute-Marne, la start-up Pangolin Défense fabrique des gilets pare-balles et des systèmes de protection balistique. Trois ans après son lancement à la commercialisation, l’entreprise s’exporte dans quinze pays et collabore notamment avec l’ONU. En 2025, Pangolin Défense continuera son développement en misant sur la R & D et en continuant sa politique d’export.

Pangolin Défense a récemment ouvert une filiale aux États-Unis — Photo : Pangolin Défense

Basée à Violot, en Haute-Marne, la start-up Pangolin Défense (15 salariés ; CA : NC) fabrique des gilets pare-balles et des systèmes de protection balistique. "Nous produisons 3 000 gilets pare-balles par mois", explique Benjamin Delcourt, cofondateur et dirigeant de l’entreprise. Sur son site internet, l’entreprise commercialise une gamme de produits liés à la défense, dont des gilets vendus entre 260 € et 790 €. En deux ans, Pangolin Défense annonce ainsi avoir multiplié son chiffre d’affaires par cinq.

Pour poursuivre son développement, l’entreprise veut investir dans de nouvelles machines et doubler la surface de son atelier de production, en 2025, pour atteindre les 1 000 m² avec l’ajout d’une extension. "Nous prévoyons un investissement assez conséquent", annonce Benjamin Delcourt. À ce stade, l’entreprise ne communique pas sur le montant engagé pour le projet.

Un secteur difficile d’accès

Créée en 2020 par quatre ingénieurs à la sortie de leurs études, l’entreprise s’est notamment lancée grâce à un financement du ministère des Armées en 2021. Puis, après son lancement à la commercialisation en 2022, Pangolin Défense a vendu certains de ses produits en Ukraine et lancé ses propres gammes. "La guerre a structuré notre activité. C’était une période où les livreurs dormaient devant l’usine", se souvient Benjamin Delcourt. Un lancement rapide pour l’entreprise, dans un secteur où "il est très difficile de s’imposer et d’avoir une entreprise pérenne. À l’origine, nous avons demandé à être incubés en région parisienne mais on nous a freinés. Au début, c’était une traversée du désert", poursuit Benjamin Delcourt.

Pangolin Défense, en Haute-Marne, compte 15 salariés — Photo : Pangolin Défense

Viser l’international

L’entreprise commercialise désormais ses produits dans une quinzaine de pays, dont l’Angleterre, l’Allemagne, la Suède, l’Espagne, l’Italie, mais également le Soudan, le Niger, ou encore la Mauritanie via des commandes des Nations Unies. "Il y a peu de fabricants en Europe, nous travaillons beaucoup en marque blanche. Ce qui a convaincu les Nations Unies, c’est à la fois le prix et la flexibilité de nos équipements, qui sont adaptables", détaille Benjamin Delcourt.

Pour poursuivre son développement à l’international, l’entreprise a ouvert une filiale aux États-Unis, en juin 2024. Pangolin Défense, qui compte deux salariés sur le continent américain, espère ainsi commercialiser ses produits auprès de distributeurs aux États-Unis et souhaite équiper les polices locales. "Le marché du law enforcement [forces de l’ordre] vaut vingt fois celui de l’Europe", chiffre le dirigeant. Et l’entreprise a également engagé une production dans sa filiale, par l’intermédiaire de sous-traitants. "C’est une très faible activité, due au fait que les règles d’exportation ne nous permettent pas de tout produire en France", avance Benjamin Delcourt. Si l’entreprise ne peut pas prévoir les hausses du marché à l’international, "lors de la précédente élection de Trump, les ventes ont explosé. Mais je ne pense pas que cela arrivera à nouveau", tempère le dirigeant.

Pangolin Défense a été créée en 2020 — Photo : Pangolin Défense

Tournés vers la R & D

En parallèle de son travail à l’export, Pangolin Défense mise également sur la R & D pour poursuivre sa croissance. Protégé par un brevet déposé en 2019, son gilet pare-balles est composé de billes en verre trempé et non de céramique, ce qui influe sur le poids et le prix de produit. "Nous sommes principalement tournés vers la R & D et sommes capables de nous adapter aux demandes de nos clients en deux ou trois mois seulement. Nous faisons aussi de la protection de structure, et nous développons les produits liés au déminage", justifie Benjamin Delcourt. Par la suite, l’entreprise prévoit de lancer à la commercialisation plusieurs nouvelles technologies, sur lesquelles elle préfère rester discrète pour l’heure.

Des recrutements en Haute-Marne

Pour accompagner son développement, l’entreprise a prévu cinq recrutements en 2025 dont deux ont déjà eu lieu. Implantée à 75 km de Dijon et 50 km de Chaumont, Pangolin Défense n’a pourtant pas eu de difficultés à recruter jusqu’à présent. "Nous avons recruté des alternants de l’Université de technologie de Troyes. Et nous avons un modèle d’entreprise moderne vis-à-vis du travail, avec notamment des salaires au-dessus du Smic, même sans expérience", poursuit Benjamin Delcourt. En parallèle, l’entreprise possède un bureau commercial à Paris.

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