La réindustrialisation marque le pas en France
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La réindustrialisation marque le pas en France

Bpifrance publie la quatrième édition de son observatoire industrie. Avec 245 nouveaux sites industriels comptabilisés en 2025 pour 244 fermetures, la dynamique de réindustrialisation du pays est au point mort. Les créations sont surtout portées par les start-up quand les PME-ETI et grand groupes sont en recul.

En 2025, 245 usines ont ouvert en France, mais 244 ont fermé. Ici, la nouvelle usine du groupe Sothogam dans les Deux-Sèvres — Photo : Groupe Sothogam

Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? Le mouvement de réindustrialisation de la France est incontestablement en marche avec une augmentation du nombre de créations de sites passé de 195 en 2024 à 245 en 2025, toutes tailles d’entreprises et secteurs d’activité confondus, constate la 4e édition de l’observatoire Industrie de Bpifrance, dévoilé mercredi 11 mars en matinée à Paris.

Un plateau

Cet observatoire recense pour la première fois les ouvertures mais aussi les fermetures de sites industriels de start-up, PME et ETI et pour la première fois également celles des grands groupes. À la clef une vision plus précise "des transformations industrielles à l’œuvre sur le territoire", insiste Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance qui estime que la dynamique d’industrialisation se confirme même si, au final, le solde 245 créations contre 244 fermetures est pour le moins réduit (+ 1) quand il était de + 63 en 2024. "Nous sommes sur un plateau, ce qui prouve que face au deuxième choc industriel chinois nous sommes capables de contre-attaquer, que nous ne nous laissons pas complètement déborder".

Peu d’emplois

Cette dynamique est portée par les start-up industrielles qui réalisent 2,2 fois plus d’ouvertures (75) que de fermetures (34) en 2025, quand les grands groupes, à l’inverse, comptent plus de fermetures (59) que d’ouvertures (42), idem pour les PME/ETI (151 fermetures et 128 ouvertures). À noter que, globalement, les créations de sites industriels sont peu créatrices d’emplois, quelle que soit la taille de l’entreprise avec en moyenne 50 emplois pour les start-up, 69 pour les PME-ETI et seulement 124 pour les grands groupes.

L’essor de nouveaux modèles industriels

Par ailleurs tous les secteurs d’activité ne sont pas concernés au même chef par ce mouvement d’industrialisation, qui se concentre sur "les filières industrielles les plus innovantes et les plus engagées dans la transition écologique, affirme Bpifrance, et qui traduit l’essor de nouveaux modèles industriels". En tête les industries vertes avec 61 usines inaugurées en 2025 pour seulement 21 fermetures (soit un solde net de + 40), suivies du secteur énergétique (46 inaugurations pour 13 fermetures, + 33), puis l’industrie 4.0 et l’électronique (49 inaugurations, 17 fermetures, + 32). Viennent ensuite la santé, tirée par les biotechs et les medtechs, et les entreprises industrielles de la construction. À l’opposé, des secteurs plus traditionnels, frappés de plein fouet par une concurrence internationale accrue, notamment chinoise, sont à la peine : biens de consommation et d’équipements, plasturgie non verte, métallurgie non verte, mobilité et transport, agroalimentaire, qui tous affichent un solde négatif ou faiblement positif.

L’ampleur de la dynamique industrielle à l’œuvre en 2025 diffère également entre d’un côté les PME-ETI et de l’autre les start-up. Les premières ont inauguré 84 nouvelles usines, 22 extensions et 22 lignes industrielles supplémentaires pour un investissement moyen de 28 millions d'euros. Les secondes ont ouvert 49 usines à l’échelle, dont 36 premières usines, ainsi que 23 lignes pilotes ou démonstrateurs et 3 extensions pour un investissement moyen de 14 millions d'euros.

203 nouvelles usines

"Notre ambition initiale de faire émerger 100 nouvelles usines par an depuis 2022, avec le Plan Startups et PME industrielles, dans le cadre de France 2030, a été atteinte avec 203 inaugurations en 2025" se félicite Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance. La banque publique revendique avoir mobilisé 7,95 Mds€ en 2025 pour soutenir 12 100 entreprises industrielles, dont 410 M€ en capital-risque, à travers ses différents fonds d’investissement sectoriels.

Domination des greentech

Quant aux start-up à vocation industrielle, identifiées en 2025 comme ayant ouvert des sites de production, un tiers d’entre elles sont des deeptech, dont la moitié des greentech, et 76 % sont implantées en dehors de l’Île-de-France. Ensemble, elles ont généré 6,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires, et représenté 43 % des fonds levés par la French Tech avec 203 opérations pour un montant de 3,7 milliards d'euros en 2025 (+ 29 % en un an) et 14,4 milliards d'euros depuis 2022. À noter enfin que si les start-up industrielles deeptech concentrent 85 % des montants levés, les start-up industrielles non-deeptech lèvent moins mais atteignent plus fréquemment des stades industriels avancés, avec 59 % des inaugurations de sites en 2025, pour les deux tiers dans le secteur des greentech.

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