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La marketplace de Heeding va connecter producteurs et consommateurs de carburants non-fossiles
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La marketplace de Heeding va connecter producteurs et consommateurs de carburants non-fossiles

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Fondée à Sophia Antipolis fin 2024, Heeding s’apprête à lancer sa marketplace de carburants et énergies durables. La start-up va d’abord cibler l’aérien, le maritime et le routier et vise l’objectif ambitieux du milliard de tonnes de CO2 évité d’ici 2050, soit l’équivalent d’un an d’activité de l’aviation mondiale.

Cédric Choel et Bruno Arcaleni sont les cofondateurs de Heeding, créé à Sophia Antipolis fin 2024 pour offrir une solution mettant en relation producteurs et entreprises consommatrices de carburants durables — Photo : DR

Il leur fallait un nom international. Car le marché que vise Heeding (traduire par "tenir compte") va bien au-delà des frontières françaises. L’entreprise fondée fin 2024 à Sophia Antipolis, s’apprête à lancer ce qu’elle présente comme la première marketplace d’énergies et carburants durables, pour connecter producteurs et consommateurs en B to B.

Diminuer l’empreinte carbone

À la tête de l’entreprise, deux dirigeants. Le premier, directeur général, Bruno Arcaleni a une formation en biotechnologies et une carrière dans la marine marchande et le yachting. Le second, Cédric Choel, le président, est ingénieur aéronautique, passé chez Dassault et Airbus, avant d’évoluer pendant vingt ans chez Safran. Deux passionnés qui se connaissent depuis leur jeunesse à Saint-Laurent-du-Var et veulent mettre leurs parcours à profit à la fois de la tech et de l’environnement. "Nous ne voulons pas casser le système ou faire de la décroissance, expliquent-ils. Qu’il y ait davantage de bateaux et d’avions, c’est le sens de l’histoire. Notre rôle est de faire en sorte que l’empreinte carbone puisse diminuer."

Éviter un milliard de tonnes de CO2 d’ici 2050

La marketplace proposera un panel de carburants et énergies non-fossiles : B100 (produit à partir d’huile de colza), éthanol bleu ou bioéthanol, hydrogène vert, bleu, rose ou blanc, SAF (carburant d’aviation durable), GPL, ammoniac vert… Une liste non exhaustive qui sera étoffée au fur et à mesure des innovations. "Il y a des initiatives très intéressantes, précise Bruno Arcaleni. Des produits fabriqués à partir de microalgues ou de marc de raisin, pour faire du bioéthanol. Du méthanol va par ailleurs être fait à partir des stations d’épuration."

En assurant rester "agnostique" quant à l’un ou l’autre producteur, ou l’une ou l’autre énergie, le duo dirigeant croit "en un mix, une pluralité de solutions." Une vision qui, espèrent-ils, les amènera à éviter d’ici 2050, "un milliard de tonnes de CO2 soit l’équivalent d’un an d’aviation mondiale".

Un outil clé en main

Pour atteindre cet objectif, la plateforme vise les gros comme les petits consommateurs. "Nous voulons jouer un rôle d’unificateur dans ce marché très fragmenté, explique Cédric Choel. Beaucoup de petits acteurs ont du mal à trouver des débouchés. Ils veulent se lancer dans la transition énergétique, répondre aux obligations réglementaires, mais comment ? à quel prix ? avec quel produit ? Ils ne savent pas comment se les faire livrer ou faire savoir ensuite à leurs clients et investisseurs qu’ils répondent aux critères ESG… Nous apportons un outil, une solution clé en main, intégrant conseils et support techniques pour un coût qui soit indolore."

L’intégration d’IA doit aider, dès 2026, à simplifier d’autant plus l’utilisation et les paiements, sécurisés par la blockchain.

Un pilote made in Côte d’Azur

La plateforme est en cours de développement, avec la start-up sophipolitaine voisine Himydata. Sa première version est prévue début juillet et ciblera l’aérien, le maritime et le routier. Il s’agit ensuite, à partir de cette base, de mener un test grandeur nature dans les Alpes-Maritimes qui conjuguent parfaitement les besoins de ces trois secteurs. "Nous espérons réunir une quinzaine de clients pour ce pilote. Dans le seul transport routier, nous avons dénombré 426 sociétés sur le territoire. Pour les producteurs, il nous faudra aller un petit peu plus loin, par exemple à la Mède dans les Bouches-du-Rhône, où se trouve la bioraffinerie de TotalEnergies, ou à Monaco où est implanté Romano Energy."

Trouver 500 000 euros

Lancé sur fonds propres, Heeding a été créé avec un capital social de 180 000 euros. Lauréate de la Bourse French Tech, l’entreprise devra trouver "au moins 500 000 euros" pour les deux prochaines années. "Nous souhaitons diluer le capital le moins possible, précisent ses dirigeants, nous comptons sur des prêts et du crowdfunding."

Dans sa feuille de route, elle prévoit de cibler ensuite l’industrie puis l’agriculture, le BTP, l’hôtellerie, le logement et la Défense. Elle vise ainsi, à terme, un objectif de 3 000 entreprises utilisatrices de sa plateforme en France, 30 000 en Europe, 100 000 dans le monde.

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