Fondée il y a 30 ans à Riquewihr (Haut-Rhin) par Jean-Marc Muller, la Maison Alsacienne de Biscuiterie entre dans une nouvelle ère. Reprise en début d’année par Raphaël Kiesele, ancien directeur général de la confiserie Adam, basée à Herrlisheim (Haut-Rhin), la PME implantée à Colmar mise sur la diversification et l’export pour accentuer son développement.
En Alsace, la partie visible de son activité est incarnée par son réseau de douze boutiques, auquel s’ajoutent un magasin basé à Metz et une dizaine de chalets durant les marchés de Noël. Une période où le nombre de collaborateurs de la Maison Alsacienne de Biscuiterie grimpe à 200 personnes, entre la production et la distribution, contre 85 en période normale.
Offrir pour mieux recevoir
L’entreprise, dont le chiffre d’affaires a atteint les 17 millions d’euros en 2025 se démarque également par le fait d’offrir 30 des 340 tonnes de sa production annuelle depuis ses boutiques. "Un geste qui se traduit presque inévitablement par un acte d’achat", souligne Raphaël Kiesele. Si l’entreprise s’était fait connaître au siècle dernier via un macaron à la noix de coco, elle a depuis largement étoffé sa gamme de "bredele", du nom des fameux biscuits alsaciens traditionnellement confectionnés en famille à l’approche des fêtes de fin d’année. Quitte à s’en affranchir par le biais d’une gamme plus moelleuse dont le dernier en date mêle le coco au yuzu. En tout, la Maison Alsacienne de Biscuiterie propose plus de 230 références également disponibles via une boutique en ligne créée en 2001.
Des nouveaux produits dans les cartons
La prochaine étape sera le développer d’une gamme salée. "Même si on reste dans le domaine de la biscuiterie, du plaisir et de la qualité, on souhaite proposer un autre acte de consommation", poursuit le dirigeant en ciblant le moment de l’apéritif. D’autres projets, comme des miniatures de gâteaux emblématiques de l’Alsace, tel le kouglof, sont en phase de test dans l’atelier de production colmarien.
La Maison Alsacienne de Biscuiterie compte accélérer sur le B to B en collaborant avec des Meilleurs Ouvriers de France (MOF) et des grands chefs pour proposer des recettes à façon sur l’ensemble du territoire. "Notre chef de R & D va pouvoir lâcher les chevaux", anticipe le dirigeant qui vise une "augmentation de 30 % de son chiffre d’affaires d’ici cinq ans".
Embauches et nouvelles boutiques
À Colmar, l’atelier est appelé à s’étendre puisque la Maison Alsacienne de Biscuiterie investit près de 1,5 million d’euros sur l’année dans de nouvelles unités de production et l’amélioration du bâtiment dédié à la vente par correspondance et à la logistique pour simplifier ses flux. Ce développement s’est déjà traduit par le recrutement d’un directeur industriel, d’un responsable des achats et d’une quinzaine d’autres collaborateurs. Une dizaine d’embauches devrait suivre dans le cadre de cette enveloppe financière qui comprend aussi l’ouverture de trois boutiques supplémentaires dans le Grand Est d’ici les deux prochaines années.
Cap sur le Japon et l’Amérique
La PME mise également sur l’export via les marchés d’Amérique du Nord et du Japon dont la clientèle est déjà friande de gastronomie alsacienne, par le biais des macarons de Pierre Hermé et des confitures de Christine Ferber. D’autant que la PME alsacienne veille toujours à emballer manuellement ses produits en sachets. "C’est fait à la manière d’un Tetris parfait. Les Japonais sont justement curieux et exaltés par le combo qualité produit et qualité perçue", détaille Raphaël Kiesele. Fondateur et coprésident de MSFE (Maisons et Savoir-faire d’Excellence), association visant à promouvoir les entreprises tricolores à fort savoir-faire, il mène de front les démarches pour que la Maison Alsacienne de Biscuiterie obtienne la labellisation d’Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV).