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La Fonderie de Bretagne pourrait fermer après la décision de Renault de ne pas s'engager sur des volumes de commandes
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La Fonderie de Bretagne pourrait fermer après la décision de Renault de ne pas s'engager sur des volumes de commandes

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La Fonderie de Bretagne va-t-elle fermer ses portes ? Ancienne filiale de Renault Group, le fabricant de pièces de fonderie de Lorient, n’a pas reçu le soutien attendu de son ancien actionnaire qui aurait validé sa reprise par Private Assets, le fonds d’investissement allemand. La direction appelle à un soutien des autorités et des parties prenantes.

Jérôme Dupont, directeur de la Fonderie de Bretagne. Ses équipes et les syndicats craignent que la décision de Renault "ne soit qu'une étape dans un processus visant à fermer l'usine sans que Renault n'en assume la responsabilité". — Photo : Ségolène Mahias

La Fonderie de Bretagne, située à Caudan dans le Morbihan, fait face à une situation critique suite à la décision de Renault Group de ne pas valider un accord proposé par le repreneur potentiel, Private Assets. Cette décision, qui vient d'être annoncée, pourrait entraîner la fermeture imminente de l'entreprise et la perte de 350 emplois (CDI et intérim), ainsi que le démantèlement d'un actif industriel majeur.

Un réengagement financier de Renault Group mais pas sur les volumes

Renault a refusé de garantir les volumes de commandes nécessaires pour assurer la pérennité de la fonderie, malgré "des efforts significatifs de la part de Fonderie de Bretagne pour réduire ses coûts et obtenir un financement supplémentaire", confie la direction de la Fonderie de Bretagne conduite par Jérôme Dupont, son directeur.

Lors d'une réunion cruciale le 16 décembre, Renault avait confirmé un financement complémentaire de 5,1 millions d'euros, mais il manquait encore 2,9 millions d'euros et des engagements clairs sur les volumes commandés pour les années à venir.

La direction indignée

La direction de la Fonderie a exprimé son indignation face à ce refus, qualifiant la stratégie de Renault "d'inique" et "dénonçant le cynisme du groupe automobile qui a choisi d'agir à la veille des fêtes."

Les représentants syndicaux et les salariés craignent que la décision de Renault " ne soit qu'une étape dans un processus visant à fermer l'usine sans que Renault n'en assume la responsabilité ".

Le projet de reprise par le fonds d'investissement allemand Private Assets avait été perçu comme une lueur d'espoir pour la fonderie, offrant une opportunité de diversification et une réduction de la dépendance vis-à-vis des commandes de Renault. Cependant, les négociations ont été entravées par le manque d'engagements clairs de Renault, qui reste le principal client de l'entreprise.

Un appel au soutien et des impacts économiques

Les conséquences économiques d'une fermeture auraient des impacts importants en matière d'emplois directs mais également pour l'ensemble du tissu économique local, avec des pertes d'emplois indirects estimées entre 700 et 900 postes au total. La direction appelle désormais "à un soutien accru des autorités et des parties prenantes pour tenter de sauver l'entreprise avant qu'il ne soit trop tard".

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