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La Fnaim alerte sur la rechute du marché immobilier
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La Fnaim alerte sur la rechute du marché immobilier

Le président de la Fnaim constate la dégradation du marché immobilier en France sur les six premiers mois de l’année tant en volume que dans les prix impactés par l’inflation.

Le marché immobilier ancien pourrait approcher le seuil des 900 000 ventes d’ici à la fin de 2026. Soit une baisse de 5 % par rapport à 2025 — Photo : S&AA - Patrick Schweitzer et Associés

"L’inquiétude persiste, le marché avait repris des couleurs en 2025, mais l’accalmie aura été de courte durée et nous sommes à nouveau au bord de la rechute", a expliqué mercredi 17 juin Loïc Cantin, président de la Fnaim, lors d’une conférence de presse à Paris. L’organisation syndicale des professionnels de l’immobilier présentait son bilan semestriel de l’activité immobilière en France, teinté de pessimisme dans le contexte économique actuel.

Si en début d’année, les signaux étaient au vert, la reprise immobilière aura finalement duré moins d’un an. "En deux mois, le marché a perdu 17 000 ventes et pourrait approcher le seuil des 900 000 ventes d’ici à la fin de 2026" s’alarme Loïc Cantin. Soit une baisse de 5 % par rapport à 2025. Après avoir touché un point bas à 845 000 ventes fin 2024, le marché de l’ancien avait pourtant renoué avec la croissance en 2025 (+ 13 % sur un an), portant le volume à 952 000 transactions à fin décembre 2025. En janvier dernier la Fnaim tablait encore sur une poursuite de cette dynamique marquée par la détente du crédit, le retour des acquéreurs, la stabilisation des prix. Hélas "l’escalade des tensions en Iran a porté un coup brutal à cette reprise fragile" souligne Loïc Cantin. Ce dernier pointe par ailleurs la flambée des prix de l’énergie, la résurgence de l’inflation et la réaction des marchés financiers. À fin avril 2026, les transactions s’élevaient à 941 000 sur douze mois glissants, en recul par rapport au pic de 958 000 atteint fin février 2026.

Des prix impactés par l’inflation

Si les volumes reculent, les prix, eux, restent stables. Au 1er juin 2026, les prix des logements anciens s’établissaient à 2 994 €/m² pour l’ensemble du parc, en quasi-stabilité sur un an (-0,1 %). "Mais attention, corrigés de l’inflation qui atteignait 2,42 % à fin mai, ces mêmes prix s’affichent en recul de 2,3 %, avertit le président de la Fnaim. Corrigés de l’inflation, les prix des appartements progressent, eux, légèrement de + 1,8 % à 3 838 €/m², et ceux des maisons reculent de -1,6 % à 2 357 €/m²".

Contraste territorial

Comme toujours la carte territoriale du marché demeure contrastée avec un plus haut enregistré à Mulhouse (+ 11,4 %), devant Rouen (+ 6,8 %) et Clermont-Ferrand (+ 4,0 %). À l’inverse, Rennes chute de -7,3 %, Grenoble de -4,3 % et La Rochelle de -3,9 %. À Paris, la correction se poursuit avec une baisse de 0,4 % constatée sur un an, et de 11 % sur cinq ans avec des prix qui demeurent parmi les plus élevés d’Europe.

La crainte de la hausse des taux

La faiblesse de la demande qui tire les prix vers le bas s’accompagne logiquement d’une stagnation de la production de crédits immobiliers dans un contexte de légère augmentation des taux (passés de 3,05 % en juin 2025 à 3,25 % en mai 2026). Pour autant l’annonce d’un relèvement des taux d’un quart de point par la Banque centrale européenne le 11 juin pourrait changer la donne avec un impact sur le pouvoir d’achat met en garde Loïc Cantin.

"Entre 2010 et 2021, le taux de propriétaires a chuté de 5,7 points parmi le quart de la population le plus modeste, quand il progressait de 4,5 points chez les plus aisés"

Et pourrait confirmer la transformation structurelle du marché. "Entre 2010 et 2021, le taux de propriétaires a chuté de 5,7 points parmi le quart de la population le plus modeste, quand il progressait de 4,5 points chez les plus aisés" constate la Fnaim dans un communiqué. "Un décrochage inédit, qui se prolonge aujourd’hui avec la remontée des taux" regrette Loïc Cantin en soulignant que les ménages les plus modestes et une partie des classes moyennes sont progressivement évincés du marché.

Ascenseur résidentiel en panne

Conséquence, le profil type des emprunteurs évolue, "45 % d’entre eux étant désormais des primo-accédants, souvent contraints à l’achat par la tension du marché locatif, mais dans des conditions plus difficiles, Ils empruntent sur 25 ans pour 54 % d’entre eux, avec un apport personnel limité à 15 % en moyenne" note la Fnaim. "L’ascenseur résidentiel est en panne et la fracture sociale se creuse" dénonce Loïc Cantin qui appelle de ses vœux une politique de soutien à l’accession.

Le retour du logement dans le débat public

Heureusement le logement semble enfin retrouver "une place au cœur du débat politique" se félicite le président de la Fnaim qui note "une inflexion significative" dans les discussions publiques. Une Fnaim qui, du coup, retrouve sa fougue revendicative pour réclamer entre autres, la reconnaissance du statut de bailleur privé, des mesures concrètes en faveur de l’investissement locatif de longue durée avec exonération d’impôts après 10 ou 15 ans, une vente en l’état futur de rénovation énergétique qui intégrerait le coût de cette rénovation au financement de la transaction, la portabilité des prêts immobiliers… Sans oublier la suppression de l’encadrement des loyers " pour remettre des logements sur le marché plutôt qu’administrer les prix".

Les candidats à l'élection présidentielle invités à débattre

Autant de sujets que le président de la Fnaim souhaite voir mis en avant lors de la prochaine campagne pour l’élection présidentielle avec, d’une part, la publication, à la rentrée, d’un livre blanc "visant à présenter des perspectives et des propositions pour un marché immobilier plus fluide, plus équitable et plus durable", et d’autre part l’invitation faite aux candidats à venir débattre lors du Congrès de la Fnaim en décembre.

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