Les 7 200 entreprises de taille intermédiaire françaises sont prises en étau. D’un côté, leurs coûts augmentent. La faute en grande partie au conflit au Moyen-Orient : 70 % des 1 700 ETI interrogées en juin par le baromètre Palatine-Meti disent être confrontées à une hausse des prix de l’énergie, 62 % à celle de leurs intrants et 80 % affirment que le conflit à un impact sur leurs approvisionnements.
Le gel des allègements de charge sur les bas salaires décidé par le gouvernement lors de la dernière hausse du Smic, en juin, n’arrange en rien les affaires des entreprises, générant en renchérissement du coût du travail.
Des commandes en repli et une trésorerie qui se tend
De l’autre côté, les ETI font face à une activité en berne. 44 % d’entre elles font état d’un carnet de commandes moins garni qu’un an auparavant. Elles n’étaient que 30 % dans ce cas en mars.
Résultat, une ETI sur deux constate une dégradation de sa rentabilité et une sur deux également avoue être inquiète pour la fin de l’année. En réaction, les ETI tricolores enclenchent un double mouvement : elles tempèrent au niveau de l’emploi mais préservent leurs investissements.
L’emploi décroche
Les ETI continuent de créer des emplois (+ 1 189 emplois nets au deuxième trimestre 2026) mais à un rythme nettement moins important qu’auparavant (-58 % par rapport à la moyenne des trois dernières années). La faute à une envolée de 255 % des suppressions d’emplois au deuxième trimestre, indique une étude de Trendeo. L’emploi des jeunes est particulièrement affecté : plus de 7 ETI sur 10 ont réduit leurs recrutements d’apprentis en 2026 par rapport à 2024.
L’investissement se maintient
La bonne nouvelle, c’est que, malgré le contexte peu porteur, les ETI ne baissent pas les bras. 72 % d’entre elles ont déjà engagé au moins un projet de croissance organique cette année ou prévoient de le faire. Au deuxième trimestre 2026, selon Trendeo, les projets d’investissement des ETI se montent à 5,7 milliards d’euros en France, en hausse de 81 % par rapport au premier trimestre.
Ce rebond doit toutefois être relativisé : les trois principaux projets (ceux du producteur occitan d’énergies renouvelables Arkolia Energies, de l’énergéticien allemand Enertrag France et de la Compagnie de Phalsbourg près de Nantes) totalisent 60 % du montant global d’investissement. Autre motif d’inquiétude : une ETI sur trois indique avoir arrêté, suspendu ou réorienté tout ou partie de ses projets en France.
Le Meti appelle à desserrer les contraintes
Pour Frédéric Coirier, PDG du groupe Poujoulat et coprésident du Meti, le contexte politique n’encourage pas les ETI à multiplier les projets d’investissement. "L’approche de la prochaine discussion budgétaire et de l’élection présidentielle n’aide certainement pas. Il conviendra que ces échéances majeures se traduisent par un desserrement de l’étau de contraintes sur les ETI", assure-t-il.
L’organisation patronale demande des mesures pour améliorer la compétitivité des entreprises. Elle appelle les gouvernants à renoncer à tout nouvel alourdissement du coût du travail, à poursuivre la baisse de la fiscalité de production et à sanctuariser le Pacte Dutreil ainsi que les mécanismes de la détention et de la transmission du capital productif. "C’est à cette condition que le pari d’avenir des ETI bénéficiera pleinement à la prospérité du pays", conclut le Meti.