Pour Willy B. Hansen, directeur du port de Skagen au Danemark, "tous les ports du monde réfléchissent à la décarbonation." Willy B. Hansen est le coordinateur du projet européen Interreg 2022-2025 "Renewable Energy Development and Intelligent Implementation in ports" (Redii Ports) auquel participe la Région Bretagne à hauteur de 532 000 euros avec ses ports et Bretagne Développement Innovation (BDI), à hauteur de 253 000 euros. Les 15 partenaires européens (dont 9 ports ou groupements de ports) développent 13 projets utilisant diverses énergies décarbonées : biodiesel, électricité renouvelable (éolien, solaire, etc.), hydrogène, ammoniaque, méthanol.
Études à Brest et à Saint-Malo
La Région Bretagne a choisi le port de Brest pour mener des études sur le déploiement de l’hydrogène et l’ammoniaque. "Brest est le port le plus polyvalent en termes d’usages. Seuls les ferries ne sont pas présents, donc nous allons aussi inclure le port de Saint-Malo pour ceux-ci", souligne André Crocq, conseiller régional délégué à la transition énergétique. Un appel d’offres va être lancé pour choisir un bureau d’études. "Nous aurons besoin de compétences techniques mais aussi juridiques notamment pour mener ces études. L’idée est d’aller voir les usagers des ports comme les entreprises pour définir leurs besoins avant d’étudier les différentes possibilités techniques", explique Guillaume Labas, de la direction des transports et des mobilités de la Région.
Trouver des solutions adaptées à chacun
Connaître, convaincre et déployer. Voilà les objectifs visés par Redii ports. "Nous savons que nous devons faire quelque chose. Mais il faut décider quoi et comment. Et pour cela, nous avons tout intérêt à travailler ensemble plutôt que chacun dans notre coin, poursuit Willy B. Hansen. Le partage d’expérience est important et permet à l’Union européenne d’être leader sur ce sujet."
Le programme Redii a démarré en octobre 2022 pour trois ans avec un budget de 6,8 millions d’euros. "Certains projets sont plus avancés que d’autres. Si la solution trouvée a un impact positif sur l’environnement et est viable économiquement, elle est adoptée très vite. Seulement, toutes les technologies n’ont pas la même maturité et chaque port doit trouver la bonne solution en local."