Pour décarboner les usages du gaz et contribuer à verdir le mix énergétique régional, le gestionnaire du réseau de distribution de gaz GRDF (400 collaborateurs en Bretagne, 11 600 km de réseaux gérés) a affirmé, lors d’un point presse, le 23 septembre, vouloir atteindre 30 % de gaz verts sur le réseau breton en 2030. Dans "gaz verts", il faut entendre le procédé de méthanisation (transformation des déchets organiques et végétaux en biométhane), mais aussi l’arrivée de nouveaux moyens de production comme la pyrogazéification (déchets chauffés à plus de 1 000 degrés) et la gazéification hydrothermale (conversion de biomasse humide en gaz naturel). Pour tenir son engagement, GRDF prévoit d’engager 250 millions d’euros sur les quatre ans à venir, qui permettront l’adaptation des réseaux existants au gaz verts (ou renouvelables).
Une capacité de production démultipliée sur la méthanisation
La méthanisation - au service des élevages notamment - est un procédé qui a déjà fait ses preuves et sur lequel GRDF entend continuer de miser. En Bretagne, quelque 90 méthaniseurs sont déjà implantés et connectés au réseau (principalement à l’est de la Bretagne), qui permettent la production d’1 TWh de gaz, soit l’équivalent de 250 000 logements chauffés. "Notre souhait, c’est d’accompagner tous les porteurs de projet pour atteindre 4,6 TWh/an grâce à la méthanisation", souligne David Colin, directeur territorial GRDF Bretagne. L’entreprise dit vouloir pour cela développer la méthanisation territoriale, en lien avec les communautés de communes et les syndicats d’énergie. Elle rappelle que GRDF finance 60 % du coût du raccordement à un méthaniseur. 170 nouveaux projets de méthaniseurs sont actuellement dans les cartons.
Aider à une consommation maîtrisée
Dans sa trajectoire de décarbonation, GRDF dit aussi vouloir accompagner "la baisse de la consommation" en gaz de ses clients, grâce à des relevés de compteurs automatisés et "des démarches B to B de sobriété menées par des ingénieurs efficacité sur les sites tertiaires". "Nous avons déjà aidé 1 400 clients (grand public) en surconsommation en 2023. On vise une baisse de consommation entre 3 et 5 % chaque année", détaille David Colin, rappelant qu’1 degré supplémentaire dans un habitat chauffé, c’est 7 % de consommation en plus.