Sublime Energie va expérimenter son innovation de liquéfaction de biogaz dans les Côtes-d’Armor
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Sublime Energie va expérimenter son innovation de liquéfaction de biogaz dans les Côtes-d’Armor

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La société à mission parisienne Sublime Energie va expérimenter en 2026 dans les Côtes-d’Armor, un démonstrateur de sa technologie de liquéfaction du gaz provenant de la méthanisation. Son modèle est de transporter et valoriser le biogaz en biométhane et bioCO², revendus à des distributeurs d’énergie pour le transport. En levée de fonds, elle espère réunir "plusieurs dizaines de millions d’euros".

Bruno Adhémar a créé Sublime Energie en 2019, à Paris — Photo : Matthieu Leman

Au deuxième trimestre 2026, Sublime Energie (21 salariés), société à mission basée à Paris et créée en 2019, va mettre en service dans les Côtes-d’Armor le démonstrateur in situ de sa technologie, qui permet de liquéfier du biogaz produit par méthanisation. Une technologie, issue de l’École des Mines de Paris-PSL, unique selon Bruno Adhémar, dirigeant de l’entreprise : "Personne dans le monde ne sait liquéfier le biogaz en utilisant un agent de portage pour rapprocher les propriétés physico-chimiques de ses composants, le méthane et le CO2", assure-t-il.

Lauréat d’un programme d’accélération européen

Après avoir levé 1 million d’euros en 2021 et 11,5 millions d’euros en 2023, Sublime Energie, lauréate du programme européen d’accélération EIC Accelerator 2025, passe donc à l’application sur le terrain, avec ce qui sera son troisième et dernier démonstrateur, dont la construction a démarré cette année dans une ferme de Plélo (Côtes-d’Armor), dirigée par Servane Lecollinet et Alain Guillaume, fondateur de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France, à la tête de l’entreprise de méthanisation Gazéa.

De la petite méthanisation pour les exploitations

Le modèle économique de Sublime Energie, accompagné par le Village by CA Côtes-d’Armor, repose sur l’installation dans des fermes disposant d’un méthaniseur ou envisageant d’en installer un, d’un équipement permettant de récupérer et de liquéfier le biogaz. Un équipement financé et géré par une société de projet, pour éviter à l’agriculteur du travail supplémentaire et un investissement. "Nous donnons la possibilité aux petites fermes qui se trouvent loin des réseaux de faire de la petite méthanisation", se félicite le dirigeant.

Défossiliser le transport lourd

"La société de projet achète à l’agriculteur son biogaz brut, qui doit être transformé pour être utilisé. Après sa liquéfaction, il est donc transporté dans un hub de production où il est distillé, séparé en biométhane et bioCO2, ces deux molécules étant ensuite vendues séparément", reprend Bruno Adhémar. Les clients visés sont les distributeurs de biométhane pour le transport. "Nous pensons que faire rouler des camions, qui sont difficiles à décarboner, sera la meilleure utilisation", souligne le dirigeant de la société à mission.

Une levée de fonds en 2026

Autre vertu environnementale, la méthanisation produit 10 % de gaz et 90 % de digestat, qui retourne au sol pour servir d’engrais. Avec Sublime Energie, le digestat est produit à la ferme, ce qui évite les nombreux transports de matières entre les méthaniseurs et l’exploitation.

Une fois le démonstrateur, réunissant exceptionnellement sur un même lieu la liquéfaction et le hub de valorisation mis en service à Plélo, la production en série constituera la prochaine étape. Avec l’aide d’une nouvelle levée de fonds. "Nous avons sélectionné une banque d’affaires : nous allons lever plusieurs dizaines de millions d’euros en 2026", affirme Bruno Adhémar, sans en dévoiler davantage.

Début de l’activité des sociétés de projet d’ici 2028

Le chiffre d’affaires attendu des sociétés de projet, qui seront chacune alimentées par une dizaine de méthaniseurs agricoles, devrait s’établir à 8 à 10 millions d’euros. L’objectif est de mettre en service une première société de projet à l’horizon 2028. "Il nous faut nous structurer pour mener plusieurs projets de front. Puis nous étendrons le modèle dans le Grand Ouest et dans l’Est, où une centaine de projets peuvent être mis en œuvre, prévoit l’ancien élève à l’École des Mines de Paris-PSL. Puis, avec la standardisation, nous passerons à une deuxième phase, d’ici 2030, avec la vente de licences en Europe pour soutenir plus rapidement la décarbonation du transport lourd."

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