Côtes-d'Armor
Sublime Energie inaugure dans les Côtes-d’Armor son premier démonstrateur de liquéfaction du biogaz
Côtes-d'Armor # Production et distribution d'énergie # Investissement industriel

Sublime Energie inaugure dans les Côtes-d’Armor son premier démonstrateur de liquéfaction du biogaz

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Sublime Energie a inauguré le 10 avril 2026, son démonstrateur de liquéfaction du biogaz, une première, à Plélo, dans les Côtes-d’Armor. L’entreprise à mission, qui veut lever 20 millions d’euros, veut conforter son modèle qui vise à étendre la méthanisation aux fermes moyennes en transportant le biogaz liquéfié dans des bioraffineries mutualisées qui produiront du bioGNV et du bioCO2.

Bruno Adhémar a inauguré ce 10 avril le démonstrateur de liquéfaction du biogaz de son entreprise, Sublime Energie — Photo : Matthieu Leman

C’est devant deux anciens ministres de l’Agriculture et six parlementaires en exercice et une foule de partenaires et d’acteurs du secteur qu’a eu lieu à Plélo (Côtes-d’Armor), ce 10 avril 2026, un événement présenté comme une première mondiale : l’inauguration d’un démonstrateur de liquéfaction du biogaz sur la ferme de l’un des pionniers de la méthanisation agricole, Alain Guillaume. L’investissement de cet équipement, dénommé Charlie, de l’entreprise parisienne Sublime Energie, s’est élevé à 6 millions d’euros.

Une technologie développée par Sublime Energie

Sublime Energie va y tester quasiment grandeur nature quatre systèmes de liquéfaction du biogaz, produit par méthanisation, qu’elle a développés dans son laboratoire à l’École des Mines de Paris. "Le moins énergivore sera choisi pour l’étape suivante de l’industrialisation", a confié Bruno Adhémar, créateur et président de Sublime Energie. Cette liquéfaction permettra de transporter le biogaz dans un camion-citerne. Le procédé permet une densification du produit liquide 200 fois supérieure à celle de son état de gaz.

Un hub de transformation pour séparer les matières

L’équipement construit à Plélo comprend également un outil industriel qui permet de diviser le biogaz liquéfié en deux matières : le biométhane (ou bioGNV) en majorité et le bioCO2. Sa capacité de production est de 180 tonnes de BioGNL (soit la consommation annuelle de 5 à 10 poids lourds) et 300 tonnes de bioCO2 par an.

Dans le modèle économique développé par Sublime Energie, ce hub de transformation (ou bioraffinerie) ne sera pas dans les fermes. Il sera construit dans un autre lieu pour recevoir et transformer le biogaz d’une dizaine de fermes. Des tournées de camions-citernes viendront récupérer le biogaz liquéfié pour l’acheminer vers le hub.

L’équipement construit à Plélo, dans la ferme d’Alain Guillaume et de sa fille Servane Lecollinet, comprend un outil de liquéfaction du biogaz et un autre de transformation du biogaz liquéfié en bioGNL et bio CO2 — Photo : Matthieu Leman

Décarboner la mobilité lourde

En mutualisant cet outil industriel, ce modèle vise à permettre à des fermes petites et moyennes (à partir de 150 vaches) et éloignées des réseaux d’énergie, d’accéder à la méthanisation. Elle permettra également aux agriculteurs ayant déjà une installation de méthanisation, de trouver un nouveau modèle économique après la fin de leur contrat de cogénération avec EDF (des contrats de production d’électricité à partir du biogaz qui durent de 10 à 15 ans mais ne sont pas renouvelés). Sublime Energie louera dans les fermes un terrain pour y construire l’équipement de liquéfaction du biogaz, qu’elle financera elle-même.

Ensuite, une fois produit le biométhane et le bioCO2 dans le hub, les matières seront vendues aux stations-service de GNL, pour servir de carburant aux camions ; et aux serristes et aux industriels qui utilisent aujourd’hui du CO2 fossile.

Souveraineté énergétique

Pour chaque hub de transformation, une société sera constituée par Sublime Energie. Elle pourra accueillir d’autres actionnaires comme les agriculteurs des fermes concernées mais aussi des collectivités ou des entreprises.

Les agriculteurs y trouveront un revenu supplémentaire, tandis que Sublime Energie, entreprise à mission créée en 2019, développera ses installations qui permettent de décarboner la "mobilité lourde", celle des camions, et de remplacer le CO2 fossile par du bioCO2. Mais aussi d’alimenter la souveraineté énergétique de la France.

Un premier projet industriel en 2028 dans les Côtes-d’Armor

L’entreprise parisienne, qui fait partie du programme du Village by CA des Côtes-d’Armor, compte accélérer encore avec une levée de fonds, qui débutera le 13 avril 2026 et vise à rassembler 20 millions d’euros. Elle permettra de financer notamment la première application complète du modèle de Sublime Energie, avec la construction d’un hub, baptisé Delta, sur la zone d’activité de Plélo-Sud, qui produira 2 500 à 3 000 tonnes de bioGNL par an ; et des équipements de liquéfaction du biogaz dans dix fermes (en cours de recrutement) situées à moins de 30 kilomètres autour. L’ensemble devrait fonctionner à la fin de l’année 2028.

Sublime Energie, qui avait déjà levé 11,5 millions d’euros fin 2023, compte 32 actionnaires, dont le principal est le fonds Révolution Environnementale et Solidaire du Crédit Mutuel Impact.

Bruno Adhémar (à gauche) a inauguré ce 10 avril le démonstrateur de liquéfaction du biogaz de son entreprise, Sublime Energie, en compagnie de Servane Lecollinet et Alain Guillaume (société Gazéa, qui accueille l’équipement) et Jean-Marc Onno, président de l’Association des méthaniseurs bretons — Photo : Matthieu Leman

Côtes-d'Armor # Production et distribution d'énergie # Investissement industriel # PME # Levée de fonds