Parmi les lauréats du concours national d’innovation i-Lab 2025, organisé dans le cadre de France 2030, figure une jeune biotech marseillaise qui a ainsi décroché une subvention de 370 000 euros : Neocor Therapeutics. Une start-up créée en 2023 pour développer des thérapies de régénération cardiaque. Son premier candidat médicament est une thérapie génique administrée en injection unique, qui doit permettre de "régénérer les cellules contractiles du cœur après une cardiomyopathie dilatée" (dysfonctionnement du muscle cardiaque, NDLR). Une innovation de rupture puisque les traitements actuels parviennent seulement à ralentir l’évolution de cette maladie qui touche 33 000 personnes chaque année en Europe et aux États-Unis. Et ce traitement pourrait à terme également traiter des patients en insuffisance cardiaque après un infarctus du myocarde.
Un million d’euros pour démarrer
"Jusque-là, nous avons pu commencer à travailler sur le cadre réglementaire et préparer les essais précliniques, grâce aux prêts d’honneur Innov’Eco du Crédit Agricole Alpes Provence et à un complément de Bpifrance. Grâce à i-Lab, nous pouvons poursuivre et accélérer. Nous avons réussi à agréger plus d’un million d’euros, que nous aurions dû sinon trouver en seed (fonds d’amorçage, NDLR)", explique Matthieu Metz, dirigeant et cofondateur de Neocor Therapeutics avec Francesca Rochais.
Responsable d’une équipe de recherche au sein du Centre de Génétique Médicale de Marseille (INSERM-Aix-Marseille Université) qui a déposé le brevet, cette dernière est désormais également directrice scientifique de la biotech, qui utilise ce brevet dans le cadre d’un accord de licence exclusif. "Pour aller jusqu’aux essais cliniques, il fallait une structure entrepreneuriale, précise-t-elle. Soit le laboratoire vendait le brevet à un industriel, soit on créait une société."
De nombreux appuis
En s’associant avec Matthieu Metz, entrepreneur formé à l’Ecole Centrale Paris et à l'Université de Californie Berkeley ayant une expérience dans la medtech, elle a opté pour la seconde solution. Le binôme peut s’appuyer sur l’incubateur Impulse, sur le pôle de compétitivité Eurobiomed qui l’accompagne, sur l’Inserm et Aix-Marseille Université dont il utilise notamment le laboratoire. Il peut aussi compter sur la Société d’accélération du transfert de technologies (SATT) Sud-Est, avec qui il a signé un important contrat de co-maturation. Ce dernier a notamment permis de financer un poste d’ingénieur de recherche et un poste de responsable pré-clinique, en attendant d’étoffer l’équipe pour atteindre une dizaine de collaborateurs au démarrage des essais cliniques.
20 millions d’euros à trouver
Une étape conditionnée par une recherche de fonds : 7,5 millions d’euros pour la phase pré-clinique puis 12,5 millions d’euros pour les phases d'essais cliniques I et II. Des sommes que les cofondateurs entendent obtenir auprès de fonds d’investissement spécialisés dans la santé ou de family offices, de préférence en France ou en Europe, dès le premier semestre 2026, pour pouvoir lancer les premiers essais cliniques mi 2027.