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Tafalgie Therapeutics ambitionne de traiter la douleur
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Tafalgie Therapeutics ambitionne de traiter la douleur

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Créée en 2020, la start-up marseillaise Tafalgie Therapeutics, basée sur le campus de Luminy à Marseille, souhaite mettre sur le marché à horizon 2030 un antidouleur innovant qui constituerait une alternative aux classiques opioïdes. L’entreprise entre ce mois-ci en phase 1 d’essais cliniques pour son candidat médicament.

L'équipe de Tafalgie Therapeutics autour d'Eric Schettini (deuxième à gauche) et d'Aziz Moqrich (deuxième à droite) — Photo : Sebastien Boudot

La biotech marseillaise Tafalgie Therapeutics (22 salariés) ambitionne de traiter la douleur via un médicament qui constitue une alternative aux classiques opioïdes, et qui, administré par voie orale puisse traiter de multiples indications. L’entreprise, qui a achevé la phase pré clinique de son candidat médicament en 2024, a pour objectif d’aller jusqu’à l’autorisation de mise sur le marché et la production en série, qui pourrait être réalisée chez l’un des spécialistes de ce type de produits à base de protéine, Corden Pharma, basé à Francfort. "Nous voulons créer un centre d’excellence sur la douleur avec différents médicaments qui seraient ensuite commercialisés via des licences à de grands groupes pharmaceutiques. Si tout se déroule comme prévu, notre antalgique pourrait être disponible en 2030", confie Eric Schettini, l'un des cofondateurs de l'entreprise.

Lancement d'essais cliniques de phase 1 en Australie

Courant février, la start-up Tafalgie Therapeutics va rentrer en phase 1 d’essais cliniques en Australie. "Cela devrait démontrer la non-toxicité du produit, puis, en 2026, nous aborderons la phase 2, en Europe et aux États-Unis, qui représente près de 52 % de parts de marché sur ce sujet de la lutte contre la douleur", poursuit-il.

130 milliards d'euros

Le marché de la gestion de la douleur représente le quatrième plus grand marché pharmaceutique du monde avec une valeur de près de 70 milliards d’euros en 2021 et estimé à 130 milliards d’ici à 2030. Pour parvenir à mener ces essais cliniques, la biotech envisage une levée de 20 millions d’euros, auprès des fondateurs, de business angels, de family office et de fonds. En complément, des accords de licence devraient être signés avec de grands groupes pharmaceutiques permettant à l’entreprise d’engranger du chiffre d’affaires au fur et à mesure du bon déroulement des essais cliniques.

Vingt ans de recherche fondamentale et appliquée

Si l’entreprise, créée en 2020, envisage un échéancier relativement court pour la sortie de son médicament, c’est qu’elle est issue des travaux menés depuis 2005 par le docteur en neurosciences Aziz Moqrich, directeur de recherche au sein de l’Institut de biologie du développement de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université). Et de la rencontre avec Eric Schettini, entrepreneur et investisseur depuis 25 ans.

Elle est installée sur le campus marseillais de Luminy à quelques centaines de mètres de l'Institut de biologie du développement. Unique en son genre, la technologie développée par Tafalgie Therapeutics repose sur un mode d’action différent de celui de tous les antidouleurs actuels. Une innovation, protégée par trois brevets internationaux, qui découle de la découverte, par l’équipe d’Aziz Moqrich des mécanismes d’action et des effets antalgiques d’une protéine naturelle, baptisée TAFA4, sécrétée chez l’homme et tous les mammifères, qui joue un rôle crucial dans la propagation de la douleur.

Spin off du CNRS

"L’objectif est d’utiliser cette protéine pour jouer le rôle d’antalgique. Nous sommes une vraie spin-off du CNRS et le transfert de technologie s’est déroulé avec la participation de la Satt Sud-Est, qui est entrée au capital de l’entreprise à hauteur de 4 % ", rappelle Eric Schettini. Le management de la société détient toujours 70 % de son capital. Pour son développement, Tafalgie Therapeutics a d’ores et déjà levé près de 20 millions d’euros, principalement auprès de family office et de business angels.

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