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Iberdrola veut injecter 25 millions d’euros dans son premier parc solaire flottant français dans le Bas-Rhin
Bas-Rhin # Production et distribution d'énergie # Transition énergétique

Iberdrola veut injecter 25 millions d’euros dans son premier parc solaire flottant français dans le Bas-Rhin

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L’espagnol Iberdrola s’apprête à déposer le permis de construire de son premier parc solaire flottant en France, sur une gravière du nord du Bas-Rhin. Il compte injecter 25 millions d’euros dans ce projet portant sur une puissance de 25 MWc.

Iberdrola France s’apprête à déposer son permis pour son projet de centrale flottante en Alsace, le premier sur le sol français — Photo : Document Iberdrola.

Développeur de projets éoliens et solaires, l’espagnol Iberdrola (40 000 salariés, 39 Md€ de CA 2022 sur la production et vente d’énergie) s’est récemment offert une belle carte de visite sur la façade Atlantique. Le 19 septembre a été inauguré le premier parc éolien offshore de Bretagne, en baie de Saint-Brieuc. Un projet titanesque à 2,4 milliards d’euros, comportant 62 turbines pour une puissance installée de 496 MW. À côté de ces performances records, le projet "Ried" mené par Iberdrola dans le Bas-Rhin, sur la commune de Bischwiller (10 000 habitants) pourrait paraître modeste, avec ses 25 à 30 MWc de puissance installée, mais il n’en constitue pas moins lui également une première.

45 000

Car c’est sur la surface d’une gravière, exploitée par Eqiom Granulats (72 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023) que le spécialiste des énergies renouvelables espère installer son premier parc terrestre flottant. Il espère y injecter 25 millions d’euros pour une mise en service en 2028, avec la création de six emplois à la clé.

La partie sud du plan d’eau n’étant plus exploitée depuis une vingtaine d’années, Eqiom a procédé à une cessation partielle d’activité afin de permettre à Iberdrola, retenu par le conseil municipal de Kurtzenhouse, la commune voisine propriétaire du foncier, de déployer son projet sur 14 ha des 28 concédés. 45 000 panneaux au total devraient y être installés au fil de l’eau sur une étendue équivalente à 17 % de la surface de la gravière (la réglementation limite l’exploitation à 40 % de la surface d’un plan d’eau). Avec une puissance installée comprise entre 25 et 30 MWc, le développeur prévoit de fournir la consommation en énergie équivalente à celle de 10 000 ménages par an.

Un rendement bien supérieur sur le solaire flottant

Pour l’Espagnol (150 collaborateurs en France), les panneaux flottants revêtent plusieurs avantages. Un gain d’énergie de 10 à 15 % lié au refroidissement direct des panneaux au contact de l’eau par rapport à un projet terrestre mais surtout une meilleure optimisation de l’espace, et donc un meilleur rendement. "Les rapports surface/puissance installée parlent d’eux-mêmes" explique Valérie Boyer, en charge des affaires publiques onshore. "Pour 1 ha converti en agrivoltaïsme, on calcule un ratio de 0,6 MW de puissance installée car les rangées sont très espacées. La surface installée ne doit effectivement pas dépasser 40 % de la parcelle. Pour les centrales au sol (PV sol), on compte 1 MW par hectare. Pour le flottant on atteint 2,2 MW", explique-t-elle. Car sur l’eau, les panneaux sont collés les uns aux autres. Autre bénéfice : des temps d’instruction plus ramassés que dans l’éolien.

Mise en service attendue en 2028

Pour son projet porté par la commune de Kurtzenhouse, Iberdrola va déposer le permis de construire qui inclut le dossier d’étude d’impact. "Nous nous attendons à une autorisation fin 2025, début 2026 pour un lancement des travaux début 2027 avec une mise en service mi 2028", table Valérie Boyer.

Si tous les plans d’eau ne se prêtent pas à ce type de projet, quand les enjeux environnementaux s’y opposent, Iberdrola considère cette technologie, équipée de panneaux chinois, comme désormais rentable (durée d’amortissement de trente ans). Le solaire flottant constitue pour le développeur "un axe de développement" et un complément naturel à l’agrivoltaïsme qui tire aujourd’hui à 95 % le solaire, en matière de nouveaux projets sur le marché français, signale l’entreprise. Pour Iberdrola, les objectifs sur le solaire sont clairs : "Nous nous fixons d’atteindre une ventilation d’un quart des projets futurs en France sur le flottant, un quart en centrales au sol et 50 % en agrivoltaïque", précise Valérie Boyer.

Sur son activité terrestre en France, Iberdrola exploite à l’heure 11 parcs éoliens (118 MW de puissance installée) et porte des projets éoliens et photovoltaïques pour une puissance installée de 1,2 GW. Au niveau mondial, le groupe a prévu d'investir 47 milliards d'euros dans ses projets d'énergies renouvelables entre 2023 et 2025.

Bas-Rhin # Production et distribution d'énergie # Solaire # Transition énergétique # Investissement industriel