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Temano va rechercher 3 millions d’euros pour industrialiser son robot d’ancrage sous-marin
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Temano va rechercher 3 millions d’euros pour industrialiser son robot d’ancrage sous-marin

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D’ici avril, Temano va lancer une levée de fonds oscillant entre trois et six millions d’euros. Spécialiste des ancrages et mouillages peu impactants pour l’environnement, la PME lorientaise entend passer un cap avec l’industrialisation d’un robot autonome.

Temano développe des solutions d’ancrage et de mouillage peu impactants pour l’environnement. Une levée de fonds est en projet pour poursuivre les développements — Photo : Ségolène Mahias

Temano révolutionne l’ancrage sous-marin avec son robot SAR. La PME, basée à Ploemeur, près de Lorient, développe une technologie unique d’ancrage sous-marin qui pourrait transformer le secteur des énergies renouvelables flottantes. Au cœur de cette innovation : le SAR (Système d’Ancrage Robotisé), un robot capable de poser des ancrages en profondeur sans intervention humaine.

Lever des fonds pour accélérer

Aujourd’hui, Temano compte 12 collaborateurs et réalise 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires. l’entreprise s’autofinance grâce à ses activités d’ancrage et de mouillage en Bretagne et avec sa filiale en Polynésie française. Mais pour industrialiser le SAR, l’entreprise recherche 3 millions d’euros. La levée de fonds pourrait atteindre six millions d’euros pour produire une grande quantité de lignes d’ancrage associées à ce process.

"Le marché est énorme et en pleine accélération. C’est maintenant qu’il est en train de naître", souligne Nicolas Samzun, co-dirigeant de l’entreprise avec Quentin Demoulin. BPI accompagne déjà l’entreprise dans cette phase de sélection d’investisseurs.

Temano cible des investisseurs ayant une compréhension technique des enjeux industriels. "On n’est pas dans le 2.0", précise Nicolas Samzun, qui mise sur des démonstrations physiques pour convaincre un secteur habitué aux moyens lourds de l’offshore pétrolier.

Une technologie née d’un projet en Inde

L’aventure a commencé en 2022 avec un projet de barrage artificiel en Inde. Face à une solution traditionnelle en blocs béton économiquement non viable, Temano fournit une machine de forage et forme les équipes locales.

Résultat : plus de 3 000 ancrages posés avec une division par quatre des coûts. "Ce n’était même pas pour des raisons environnementales, c’était économique", précise le dirigeant.

Cette première collaboration ouvre la voie à des projets plus ambitieux en Albanie puis en Indonésie, où le client demande une machine capable de travailler à 80 mètres de profondeur, sur des pentes importantes, sans plongeur et avec lignes captives.

Un robot qui défie les lois de la physique sous-marine

C’est ainsi que le SAR voit le jour. Contrairement aux installations offshore classiques qui nécessitent d’énormes bateaux et du poids, ce robot de moins d’une tonne s’appuie sur le sol grâce à ses rotors pour exercer la pression nécessaire au forage.

La machine fonctionne depuis une plateforme flottante démontable, transportable par camions. Elle fore, insère une tige autoforante, injecte du ciment naturel, puis remonte en déroulant automatiquement la ligne d’ancrage.

Une tige de 60 kg remplace ainsi 120 tonnes de béton tout en offrant une résistance de 54 tonnes.

"Le robot peut faire 50 ancrages par jour. Si vous devez travailler 50 fois 120 tonnes par jour, ça fait 5 000 tonnes. Aucun bateau ne peut faire cela", explique le fondateur. La technologie fonctionne quelle que soit la profondeur, la pente ou la nature du terrain.

Des applications multiples

Temano maîtrise toute la chaîne, de l’ancrage à la bouée. L’entreprise fabrique également des lignes textiles associées à des amortisseurs en caoutchouc naturel qui remplacent les lourdes chaînes traditionnelles. Cette approche permet de tenir des bateaux de 150 mètres avec une simple petite bouée.

Les applications visées incluent le solaire flottant, les éoliennes offshore, les systèmes houlomoteurs et marémoteurs, le balisage maritime et même des applications industrielles terrestres. L’entreprise travaille déjà avec l’Ifremer et plusieurs acteurs privés sur des dispositifs expérimentaux en rade de Brest.

Lorient # Maritime # Recherche et développement # Start-up # Levée de fonds # Capital