Pour diluer son risque et éviter d'être trop dépendant des banquiers, collectivités locales ou maîtres d'ouvrage, la société Guillerm à Plouvorn a fait le choix de s'investir dans trois métiers. Une stratégie ancienne datant de la reprise de cette société familiale par Alain Guillerm en 1992. Aujourd'hui, elle porte ses fruits. «Quand je suis arrivé à la présidence de la société, Guillerm faisait 80 ou 90% de gros oeuvre», se remémore Alain Guillerm, petit-fils du fondateur de cette entreprise centenaire. Aujourd'hui, le gros oeuvre pour des collectivités et entreprises ne représente plus que 35% de l'activité. La société est également connue pour la construction de maisons individuelles clef en main dans le Finistère Nord. Une autre corde à son arc qui lui permet de lisser le chiffre d'affaires.
«Apporter un côté industriel à l'univers du bâtiment»
Dès les années 90, Alain Guillerm décide de se lancer dans un troisième métier: la préfabrication d'éléments en béton pour les chantiers, par exemple des balcons ou des escaliers balancés impossibles à réaliser in situ ou encore des pièces uniques nécessitant des coffrages spécifiques. À cette époque, l'outil industriel de la société est obsolète. Il faut investir et donc trouver de nouveaux marchés pour amortir les investissements. La société doit, en outre, résoudre un problème de qualité. «Les choses difficiles, on n'arrivait plus à les faire avec les opérateurs sur les chantiers en raison d'une complexité croissante des ouvrages», se souvient Alain Guillerm. Il veut maîtriser ses coûts, permettre à ses salariés de travailler à l'abri des intempéries, «apporter un côté industriel à l'univers du bâtiment». La réponse se nomme préfabrication. «On en faisait pour nous et à petite échelle. J'ai décidé de passer à l'échelon supérieur.»
Gagner en réactivité
Vingt ans plus tard, la vente d'éléments préfabriqués dans le quart Nord Ouest de la France représente 30% du chiffre d'affaires. Le préfabriqué permet de gagner en rapidité. Et en cette période de crise, c'est un atout. «Car la phase de maturation des projets est de plus en plus longue et donc la phase d'exécution est de plus en plus courte», explique Alain Guillerm. L'entreprise a grandi, passant de 60 salariés en 1992 à 140. Elle réalise 21 à 22millions d'euros, hors taxe, de chiffre d'affaires depuis trois ans, avec un résultat net stable, malgré une contraction de marché de 20%. Si l'entreprise résiste bien à la crise, c'est aussi parce qu'elle a su saisir des opportunités. 2.200 blocs de plus de sept tonnes préfabriqués chez Guillerm SAS vont ainsi rejoindre le futur port de Roscoff. Tandis que 2.500 de ses dalles en béton vont servir au chantier de tramway de Brest. Pour le remporter, Guillerm SAS avait consenti un investissement d'un million d'euros dans une troisième usine de préfabrication en 2009. En 2012, Alain Guillerm persiste et signe malgré la crise: 1,5million d'euros dans de nouveaux bureaux de 1.000m² sur son site de Plouvorn.
Guillerm SAS
(Plouvorn) P-dg: Alain Guillerm 21M€ de chiffre d'affaires 138 salariés 02 98 61 30 22