Après deux années qualifiées par le groupe "d'exceptionnelles", Cristal Union (2 300 collaborateurs, 14 sites de production) affiche des résultats en forte baisse par rapport aux exercices précédents. Productrice de sucre, d’alcool de bioéthanol, la coopérative a enregistré sur la campagne betteravière 2025-2026 un chiffre d’affaires consolidé de 2,275 milliards d’euros, en recul de 14 % par rapport à l’exercice précédent. L’entreprise maintient un Ebitda positif de 138 millions d’euros, mais voit son résultat net tomber en chute libre, pour atteindre les -462 millions d'euros.
Un contexte de marché difficile
"Dans un contexte de marchés difficiles, marqué par un prix du sucre au plus bas, Cristal Union réalise une performance opérationnelle satisfaisante. La marge de manœuvre financière et la stratégie de long terme de Cristal Union font la différence dans le contexte de marché actuel", explique Xavier Astolfi, directeur général de Cristal Union.
Citant une "concurrence de plus en plus forte de produits importés à droits nuls ou préférentiels qui ne répondent pourtant pas aux exigences environnementales", Cristal Union évoque également une hausse des coûts de production, notamment de l’énergie, pour justifier cette baisse. Une remontée du prix du sucre est attendue dans les prochains mois.
40 millions d’euros pris dans la caisse de péréquation
"Alors que les perspectives s’annoncent plus difficiles pour l’année prochaine, nous avons su anticiper et nous renforcer pour être résilients et préparer l’avenir", expliquait il y a un an Xavier Astolfi, directeur général de Cristal Union. En 2023 et en 2024, la coopérative a déposé deux tranches de 50 millions d’euros dans une caisse de péréquation, dans l’objectif de "contrer les effets dents de scie" et de "stabiliser les revenus agricoles".
Pour rémunérer ses collaborateurs, l’entreprise annonce avoir pioché 40 millions d’euros dans la caisse, qui en contient un total de 100 millions d’euros. Cela lui permet d’assurer à ses adhérents une rémunération moyenne supérieure à 35 euros par tonne pour les betteraves sur la récolte 2025. Pour rappel, cette rémunération avait atteint un plus haut historique à 51,42 euros la tonne de betteraves pour 2023, contre 43,40 euros en 2022.
Des investissements qui continuent
D’après Cristal Union, cette opération sera sans effet sur la trésorerie ni sur les capacités d’investissement futures du groupe. L’entreprise poursuit notamment son objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 27,5 % entre 2019 et 2030. Après avoir rendu toutes ses sucreries autonomes en eau, la coopérative prévoit de convertir également ses distilleries à horizon 2030. Parmi les principaux investissements projetés, 30 millions d’euros, échelonnés sur plusieurs années, sont prévus sur le site de la sucrerie de Fontaine-le-Dun, en Seine-Maritime. L’enveloppe devra permettre de doter le site d’un nouveau silo à sucre, d’une nouvelle base de stockage et d’améliorer ses performances énergétiques.