Réussir d’un point de vue économique tout en étant aligné avec des enjeux environnementaux et sociétaux. Selon le directeur général d’Etex France Building Performance (marques Siniat et Promat), Frédéric Guetin, cette manière d’entreprendre n’est pas nouvelle, en revanche, elle vient d’être formalisée. La filiale du groupe belge éponyme, spécialisé dans la construction légère et réalisant plus de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, est en effet devenue entreprise à mission.
Une base solide dans le Vaucluse
La plus grande filiale du groupe, qui réunit les anciennes activités de Lafarge Plâtre rachetées en 2011, s’appuie en France sur 10 sites industriels et 4 carrières de gypse. Et c’est dans le Vaucluse que sa présence est la plus remarquée avec près de la moitié de ses effectifs, soit 450 collaborateurs, répartis entre le siège de sa filiale française, une usine de plâtre vieille de 122 ans, le centre de R & D monde du groupe, une carrière de gypse à Mazan et une usine (Siniat) à Carpentras. Cette dernière emploie 120 personnes, a une capacité maximale de 28 millions de mètres carrés de plaques de plâtre et est au cœur du changement de statut.
Un premier investissement concret à Carpentras
Car, c’est sur ce site que les objectifs de l’entreprise à mission prennent forme. "Nous plaçons au cœur de nos préoccupations la préservation des ressources naturelles, dont l’eau potable et allons investir 3 millions d’euros pour connecter le site de production à la station de traitement des eaux voisine afin de substituer le maximum d’eau issue du forage par de l’eau recyclée", explique Frédéric Guetin. Les travaux devraient durer 18 mois pour une mise en service envisagée courant 2027 et s’inspirent d’une réalisation pionnière au sein de l’usine girondine Siniat (filiale d’Etex France).
Cette solution pourrait permettre de préserver 170 000 m3 d’eau par an, soit l’équivalent de 60 piscines olympiques, selon une étude menée par la Maison régionale de l’eau. "Nous sommes l’un des rares industriels en France à inclure dans son processus l’utilisation d’eaux résiduaires urbaines traitées", ajoute le dirigeant.
Trois objectifs statutaires
Cet investissement n’est qu’un exemple de l’engagement d’Etex France BP. "En changeant de statut, nous nous inscrivons dans la continuité de ce que nous avons déjà entrepris depuis plusieurs années. Nous nous alignons sur la vision de tout un groupe, dont le mot d’ordre est de Construire mieux ensemble", explique Frédéric Guetin.
Ce changement est aussi l’expression d’une conviction, qu’il a renforcée en participant à la Convention des entreprises pour le climat : "je suis persuadé que chacun individuellement, peut agir à son niveau et qu’il est possible d’allier développement économique, respect de l’environnement et prise en compte des enjeux sociétaux."
Au-delà des mots, Frédéric Guetin a bâti avec l’ensemble de ses parties prenantes (clients, entreprises du bâtiment, acteurs du marché de la construction, collaborateurs) une feuille de route autour de quatre priorités d’action – moins de CO2, moins d’eau, plus de recyclé, plus d’éco-conception – et trois objectifs inscrits dans les statuts. Pour améliorer la vie au travail des équipes et des clients et partenaires, Etex France BP a par exemple mis au point une formulation permettant de produire des plaques de plâtre allégées (de 10 à 25 %). Pour apporter "des solutions créatrices de valeur économique, écologique et sociétale aux clients et parties prenantes", l’entreprise commercialise la première plaque de plâtre 100 % recyclée et décarbonée.
Enfin, avec le troisième objectif, Etex France BP a pris l’engagement d’être acteur de la transformation du marché du bâtiment vers des modes constructifs plus responsables. Pour cela, Frédéric Guetin espère que les actions menées au sein de son entreprise pourront inspirer et engager tout un écosystème.