Pourquoi avoir d’abord souhaité vous défaire de la franchise Kyriad, sous laquelle le groupe (50 collaborateurs, CA 2025: 11 M€) avait toujours exercé ?
Pendant 30 ans, mon père et ses frères, en charge de la société, avaient fait le choix de se faire accompagner par la franchise car la famille n’était pas issue de l’hôtellerie mais du BTP (société Nicoletti, NDLR). C’était une manière d’assurer le développement. Mais dès lors que la structure a été suffisamment performante, nous n’en avions plus besoin.
Et aujourd’hui, le client recherche aussi des produits indépendants. Or, quand on pense à une franchise, on pense tout de suite à un cadre un peu aseptisé. Moi, je voulais quelque chose qui nous ressemble, solidement ancré dans notre territoire. Je ne saurais pas trop l’expliquer mais il y a quelque chose d’indépendant, de familial dans ce que l’on fait.
Désormais, vous misez davantage sur la clientèle business locale. Pourquoi ce nouveau levier de croissance ?
Nous étions classés "trois étoiles économique" avec Kyriad, la volonté, avec les rénovations que nous avons menées ces dernières années, est d’être plutôt "trois étoiles qualitatif". Mais nous avons cette volonté de rester accessibles et d’avoir un produit qui s’adapte et qui est adapté à tout type de client, pro ou loisir et aussi, justement, à ceux qui mixent le professionnel et le loisir.
On peut ainsi accueillir, comme on l’a fait l’année dernière, des cabinets d’avocats parisiens qui descendent pendant deux jours pour un séminaire. Ils logent ici, ils travaillent ici, on peut avoir la restauration aussi ici (en partenariat avec une autre entreprise familiale niçoise, le groupe Paloma, ndlr). Et le lendemain, nous savons recevoir une clientèle tout à fait différente sur un budget différent via un partenariat avec la CCI italienne et des étudiants italiens.
Nous sommes capables d’avoir cet éventail de services, de propositions pour attirer un maximum d’autres clients.
En quoi est-ce différenciant par rapport à la concurrence ?
Souvent la partie séminaire dans les hôtels est un peu délaissée, traitée par défaut, sans recherche de commercialisation pure. Nous avons donc créé des espaces atypiques de coworking, de bureau, assez dynamiques visuellement, avec une offre que nous définissons être "comme à la maison", puisque quand le client vient travailler, tout le service est inclus. Nous avons aussi une salle de séminaire pour de l’événementiel professionnel. Avec un produit propre et une marque propre, Scol, la volonté est surtout d’aller chercher du client local, les PME, ETI de la région, pour leurs besoins en formation, journées d’études ou de développement. C’est une manière pour nous de participer différemment à l’économie du territoire.
C’est aussi une volonté personnelle. J’adore l’hôtellerie, on y accueille des clients du monde entier. Mais finalement, je parle au territoire et au client local, cela est un peu frustrant. Je veux connaître notre client, savoir qui il est, le voir avant et après sa venue à l’hôtel.
Quels sont vos objectifs sur ce segment précis ?
Nous avons développé la partie séminaire, sur trois de nos hôtels : à l’hôtel des Victoires à Cannes-la-Bocca, à l’hôtel du Pin au port de Nice et à la rentrée, à Nice Saint-Isidore. L’idée est d’avoir 500 000 euros de chiffre d’affaires sur ces trois espaces.
Vous avez 5 hôtels entre Nice, Cannes et Fréjus, avez-vous des projets d’acquisitions ?
Nous cherchons en effet à nous développer, toujours sur la Côte d’Azur. L’arrière-pays et le Haut Var sont aussi des marchés en manque d’offres et sur lesquels on peut positionner des produits intéressants toujours dans l’optique d’accueillir des clients locaux.