"Nous pensons avoir atteint un point bas en 2025 et attendons un redémarrage timide des marchés en 2026", annonce Olivier Collin, directeur général d’Edycem. En 2025, la branche béton du groupe vendéen Herige Industries a vu sa production de béton prêt à l’emploi chuter à 32 millions de mètres cubes en 2025, contre 40 millions en moyenne annuelle sur vingt ans. Parallèlement, le chiffre d’affaires de l’ETI de 300 salariés, a reculé de 144 millions d’euros en 2023 à 135 millions d’euros en 2024. Il devrait se stabiliser en 2025.
Une nouvelle usine sur un site de 13 hectares
Dans cette conjoncture compliquée pour le bâtiment et les travaux publics, Edycem s’apprête à lancer, mi-2026, la construction d’une nouvelle usine sur un site de 13 hectares à Saint-Georges-de-Montaigu, en Vendée. Outre l’édification d’un nouveau bâtiment de 2 200 m², l'investissement de l’ordre de dix millions d’euros, étalé sur plusieurs années, comprend l’acquisition d’une double presse automatisée d’une capacité de 55 000 tonnes par an et une unité de production de béton associée. Il s’accompagnera de recrutements.
Le parc machines du site existant, qui sera dédié exclusivement à la production de blocs, sera également modernisé. À noter, que la toiture de la future usine sera couverte de plus de 300 panneaux photovoltaïques, destinés à alimenter en électricité la double presse. Dans le même esprit d’exemplarité environnementale, 100 % des eaux de production seront récupérées, ainsi que les eaux de pluie.
Élargir l’offre de produits préfabriqués
L’entrée en fonctionnement de la nouvelle usine, attendue fin 2027, doit venir renforcer l’activité de préfabrication de produits en béton pour le gros œuvre (blocs béton), mais aussi l’aménagement extérieur (accessoires de décoration en béton, pierre reconstituée…), l’aménagement urbain (dalles gazon, pavés drainants, bordures…) et les toitures-terrasses (dalles d’étanchéité).
"La construction d’une nouvelle usine constitue un investissement stratégique majeur qui répond à une triple ambition : élargir notre offre de produits préfabriqués pour mieux répondre aux besoins du marché, comme la résilience des villes et le confort urbain ; concevoir des solutions plus durables intégrant davantage de granulats recyclés et de liants alternatifs au ciment ; contribuer à l’attractivité de nos métiers grâce à un outil de travail plus moderne et plus confortable", énumère Olivier Collin.
La future usine Edycem permettra ainsi de proposer une offre préfabriquée plus large avec de nouvelles textures et couleurs, de nouveaux formats (épaisseurs, dimensions et géométrie) et une complémentarité de produits (des bordures associées aux pavés, par exemple). Des dalles de toitures-terrasses plus ergonomiques, pour faciliter la pose, seront également fabriquées.
Renforcer l’offre de bétons décarbonés
Autre projet stratégique pour Edycem, l’intensification de sa démarche Vitaliss. Lancée en 2023, celle-ci vise à produire et commercialiser des bétons prêts à l’emploi à empreinte carbone réduite. Edycem, qui nourrit l’ambition de commercialiser 90 % de ces bétons à l’horizon 2030, a d’ores et déjà réduit de 10 à 25 % l’empreinte de ses bétons vendus depuis 2023. L’industriel vendéen veut maintenant accélérer le développement des solutions les moins carbonées, répondant aux scores B, A et A +, ce qui signifie un poids carbone divisé par jusqu’à deux fois par rapport à des bétons conventionnels. Edycem veut également déployer le béton Vitaliss Score B (- 30 à 40 % de CO2) sur l’ensemble de sa zone de chalandise.
"Pour développer notre offre, nous disposons de trois leviers techniques : la conception en interne de nos propres formulations de bétons décarbonés via l’innovation, l’utilisation de liants "nouvelle génération" sans clincker, via notamment notre contrat d’approvisionnement avec Hoffmann Green et l’utilisation de nouveaux ciments que nous achetons à des cimentiers", explique le dirigeant.
En 2026, le marché de ces ciments à faible empreinte carbone devrait être porté par les exigences de la RE2020 (seuil 2025) en matière de réduction de l’empreinte carbone des bâtiments, par l’évolution récente de la norme béton concernant les taux d’addition et de clincker et l’intégration de plus en plus fréquente de contraintes carbone dans les appels d’offres.
Développer l’offre de produits valorisés
Le troisième projet structurant d’Edycem porte sur le développement de son offre de produits valorisés, via la plateforme de valorisation et granulats, acquise en 2022 et installée à Mérignac, près de Bordeaux. Le site collecte, traite et valorise les retours de béton des centrales Edycem du réseau bordelais, ainsi que les matériaux provenant de la déconstruction des bâtiments et de la voirie, ainsi que les déblais d’excavation. Les clients d’Edycem, déposant leurs déchets inertes sur le site, peuvent s’y approvisionner en produits diversifiés et issus de l’économie circulaire, ciblant les marchés des travaux publics, des voiries et réseaux divers (VRD) et de l’aménagement paysager : terre noire criblée et terre noire criblée amendée, granulats recyclés et blocs de béton empilables… "Depuis 2022, nous avons porté le taux de valorisation de ces déchets de 7 à 25 % et nous allons encore progresser", avance Olivier Collin.
Ces projets s’inscrivent dans la stratégie de repositionnement du groupe Herige Industries sur ses activités industrielles, après la cession de sa branche négoce, VM Matériaux, au groupe isérois Samse.