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Après avoir réduit ses coûts, Herige investit 12 millions d’euros dans une nouvelle usine
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Après avoir réduit ses coûts, Herige investit 12 millions d’euros dans une nouvelle usine

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Le groupe vendéen Herige, recentré sur ses activités industrielles dans le béton et la menuiserie, a vu ses résultats 2025 rester plombés par la crise du bâtiment. Mais après avoir mené un plan d’adaptation efficace, le groupe de 1 700 salariés veut se positionner pour le rebond, avec un investissement structurant de 12 millions d’euros dans une nouvelle usine de préfabrication béton.

Benoit Hennaut est le président du directoire du groupe vendéen Herige — Photo : Matthieu Engelen

Le groupe vendéen Herige n’est pas encore sorti de la tempête, mais il entend déjà préparer la suite. En 2025, l’industriel du bâtiment, recentré depuis la cession de son activité négoce sur la menuiserie industrielle et le béton, a réalisé un chiffre d’affaires de 379,4 millions d’euros, en recul de 5,9 % sur un an. Son EBITDA s’établit à 14,9 millions d’euros, contre 20 millions en 2024, et son résultat d’exploitation retombe quasiment à l’équilibre, à 0,1 million d’euros. Le résultat net reste négatif, à -7,7 millions d'euros.

Dans un marché de la construction toujours profondément dégradé, Herige attribue cette contre-performance avant tout à la contraction des volumes. "Le recul dramatique" du neuf, accentué depuis 2022, a continué de peser sur l’activité du groupe, a souligné son président du directoire, Benoît Hennaut, lors de la présentation des résultats annuels. La menuiserie a vu son activité reculer de 7 %, tandis que le béton a mieux résisté, avec une baisse limitée à 1,8 %, portée notamment par la progression de la préfabrication.

Une réduction de coûts plus importante qu’attendu

Face à cette crise durable, Herige, qui compte 1700 salariés, a accéléré sa réorganisation. Le groupe avait annoncé un plan d’adaptation destiné à alléger ses coûts fixes et à rendre son organisation plus flexible. Ce plan, désormais clôturé, a abouti à une réduction de près de 10 % des effectifs. Surtout, il a produit des effets supérieurs aux prévisions initiales. "Nous avons fait un petit peu mieux que ce que nous espérions en réduction de coûts", a indiqué Benoît Hennaut. Le groupe qui visait environ 7 millions d’euros d’économies revendique finalement près de 9 millions d’euros de baisse de charges en année pleine.

Le dirigeant insiste toutefois sur la nature de cette transformation. "Il ne s’agit pas d’un coup de rabot, prévient-il. On a plutôt mené un travail de fond sur de nouvelles façons de travailler, sur des modèles opérationnels plus flexibles, moins coûteux en coût fixe." Une manière de dire que le groupe n’a pas seulement coupé dans son personnel, mais cherché à reconfigurer son outil industriel et son organisation pour tenir dans la durée.

Ces efforts n’ont pas suffi à restaurer la rentabilité, mais ils ont permis d’en amortir le choc. La baisse d’activité a été partiellement compensée par les hausses de prix, des gains de productivité, des économies marketing, une amélioration de la logistique et les premiers effets du plan d’adaptation. Herige met également en avant la solidité de sa structure financière, avec 143 millions d’euros de capitaux propres et un endettement net contenu à 29,4 millions d’euros. Le ratio d’endettement net ne s’établit qu’à 21 %, assez proche des 19 % de 2024. Dans ce contexte, le directoire proposera toutefois à l’assemblée générale de ne pas verser de dividende au titre de 2025, comme l’année précédente.

Un pari industriel à Saint-Georges-de-Montaigu

La future usine d’Edycem, branche béton du vendéen Herige, à Saint-Georges-de-Montaigu. Les premiers travaux doivent démarrer très prochainement — Photo : Edycem

Surtout, Herige ne veut pas rester sur une posture défensive. Via sa filiale Edycem, le groupe part à l’offensive en confirmant un investissement de 12 millions d’euros, réparti sur trois exercices, dans une nouvelle usine de préfabrication béton sur son site vendéen de 12 hectares, à Saint-Georges-de-Montaigu. Les premiers travaux doivent démarrer très prochainement.

Ce projet est au cœur de la stratégie de rebond. L’objectif est double : moderniser l’outil industriel, mais aussi orienter davantage l’offre vers des marchés jugés plus porteurs et moins dépendants des à-coups du logement neuf. "Cette usine portera une profitabilité future plus stable dans le temps", affirme Benoît Hennaut qui précise qu’elle peut tourner avec seulement 3 salariés. Le groupe vise notamment les marchés de l’aménagement urbain et paysager, de la voirie ou encore des solutions liées à la gestion de l’eau, comme les pavés drainants, dont la demande progresse dans un contexte d’alternance entre sécheresses et inondations.

Herige entend ainsi profiter de la crise pour se repositionner sur des segments à plus forte valeur ajoutée. Dans le béton, le groupe poursuit aussi le déploiement de sa gamme Vitaliss, centrée sur la réduction de l’empreinte carbone, via notamment un partenariat local avec Hoffmann Green.

"On a vraisemblablement passé le creux de la crise"

Dans la menuiserie, porté par sa filiale Atlantem, il mise sur l’innovation produit, l’expérience client et le développement de l’activité chantier, notamment dans la réhabilitation, qui représente désormais plus de la moitié de l’activité de cette branche. Le marché de la défense, avec la réhabilitation de bases militaires, offrirait d’importantes opportunités dans les années à venir, selon le dirigeant. Enfin, Herige se positionne comme leader français des fenêtres bois et estime qu’il existe un " fort potentiel de croissance" sur ce type de produits.

Des signaux de reprise encore fragiles

Pour 2026, Benoît Hennaut veut croire que le point bas du cycle a été atteint. "On a vraisemblablement passé le creux de la crise", estime-t-il, en évoquant les premiers signes de reprise dans la maison individuelle et un léger redressement du marché de la rénovation. Le dirigeant souligne aussi les annonces gouvernementales sur le logement, le maintien du prêt à taux zéro, le nouveau dispositif Jeanbrun pour l’investissement locatif privé et la préservation de l’enveloppe MaPrimeRénov'.

Mais Herige reste prudent. Le groupe surveille de près les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui s’ajoutent à celles liées à la guerre en Ukraine, et qui sont susceptibles de renchérir les coûts de l’énergie, du ciment, de l’acier ou des plastiques.

En attendant une reprise plus franche, Herige veut donc se présenter comme un groupe restructuré, financièrement solide et déjà en ordre de marche. "Notre priorité reste l’amélioration continue de la performance opérationnelle et notre contribution à la transition environnementale du bâtiment, pour préparer l’avenir et saisir les opportunités dès la reprise du secteur", rappelle son président du directoire. Une façon de traverser encore la crise, tout en préparant déjà l’après.

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