Jacques Bonneau, directeur associé de l'institut TMO Régions, ne cache pas son étonnement. «Ce qui m'a surpris dans les résultats de cette enquête c'est cet intérêt réel des dirigeants pour céder leur entreprise. J'imaginais un lien plus fort des chefs d'entreprise. Il reste fort, mais il n'est pas éternel. Si demain, une opportunité de cession se présente, ils peuvent aller au bout de la démarche.»
Fracture avec le passé
Pour le sondeur, il s'agit d'une réelle fracture entre le monde d'aujourd'hui et une époque révolue. «Il n'y a plus ce lien individuel fort qu'on voyait par le passé. C'est une logique plus économique, avec moins d'affect, qui anime aujourd'hui le chef d'entreprise. Il s'agit bien d'un constat structurel, qui est, il faut le souligner, renforcé par une situation conjoncturelle.» Pour Jacques Bonneau, la crise de 2008 a en effet eu des conséquences sur le lien qu'entretiennent les dirigeants avec leur entreprise.
Les dirigeants d’entreprise semblent désormais moins attachés à « leur » société qu’autrefois.