Spécialisé dans la fabrication de textiles techniques imperméables et respirants destinés aux vêtements de protection (coupe-vent, tenues pompiers, policiers, armées, etc.) le ligérien Alpex Protection (46 salariés ; 32 M€ de CA) se dote d’une société sœur aux États-Unis.
Baptisée sobrement Alpex USA, l’entité juridique est portée par la holding Alma qui, outre Alpex Protection, détient également l’entreprise italienne NT Majocchi (54 salariés ; 19 M€ de CA), rachetée en 2022. Il ne s’agira pas d’une société à 100 % détenue par Alma car les dirigeants du groupe basé à Saint-Chamond ont souhaité s’associer dans cette aventure. "Pour plein de raisons et surtout pour aller plus vite et plus loin, nous avons décidé de créer une joint-venture avec notre partenaire canadien Calko. Alma est majoritaire à 51 % et Calko est minoritaire avec 49 %", détaille Laurent Cogez, directeur d’Alpex Protection.
"Quelques millions de dollars" d’investissement
Uniquement destinée au marché nord-américain, cette unité de production basée à Swanton, dans l’État du Vermont, devrait être opérationnelle au 3e trimestre 2025. "Le bâtiment est terminé, il attend les machines et nous sommes en train d’effectuer les recrutements sur place", ajoute Laurent Cogez, qui prendra la direction de l’établissement.
L’investissement, lui, se monte à "quelques millions de dollars", indique sans plus de détails le dirigeant. "L’objectif de cette unité, qui emploiera une dizaine de salariés d’ici la fin de l’année, est d’en faire un Alpex bis mais en plus petit. On table sur 10 à 15 millions d’euros de chiffre d’affaires. Est-ce que cela se fera sous 2, 3, 4, 5 ou 6 ans… Cela va dépendre aussi un peu de Monsieur Trump", lance avec un brin d’ironie Laurent Cogez.
2,4 millions d’euros d’investissement en France
En parallèle de son développement aux États-Unis, le groupe Alma continue d’investir dans son usine française. "Nous avons engagé un programme d’investissement de 2,4 millions d’euros sur 2024-2025 qui comprend une nouvelle ligne de traitement déperlant qui va venir fonctionnaliser les tissus. À elle seule, cette ligne représente plus d’un million d’euros. Derrière, il faut ajouter tout le matériel annexe, quelques aménagements de bâtiment aussi", précise Laurent Cogez.
L’objectif ? "Nous avons besoin d’accroître notre productivité mais surtout d’améliorer nos traitements avec les nouvelles réglementations qui arrivent en termes de réduction de certaines substances chimiques", expose le directeur. En ligne de mire, les fameux polluants éternels Pfas… mais pas seulement. "Dans un avenir plus ou moins long, il faudra que l’on compense par le matériel ce que les consommables ne pourront plus nous offrir. Nous avons donc besoin de lignes de production plus performantes", argumente le dirigeant.
Subventionné par la Région Auvergne-Rhône-Alpes à hauteur de 180 000 euros, ce programme d’investissement devrait déboucher sur la création de 5 emplois (ETP) au sein de la PME couramiaude.