Depuis que Pierre Mandier est arrivé aux commandes de la société Deschamps père et fils en 2004, l'entreprise a doublé son chiffre d'affaires. Spécialisée dans la fabrication de pièces en matériaux composites, la société raphaëloise s'est fait un nom auprès de grands donneurs d'ordre - Réseau ferré de France, Colas ou Escota - avec des produits comme les barrières de passage à niveau ou de péage et les poteaux de signalisation ferroviaire ou routière.
Rééquilibrage de la clientèle
Il a aussi contribué à dynamiser ces marchés en poursuivant ses investissements - 8% de son chiffre d'affaires chaque année - et en mettant au point des poteaux légers et frangibles, qu'il espère à terme proposer au prix de l'aluminium. Ces poteaux, qui présentent la caractéristique de casser sous le choc d'une voiture se déplaçant à 3km/h tout en résistant à des vents de 200km/h, ont permis à l'entreprise de faire une percée non négligeable sur le secteur routier et d'équilibrer la part de chacune de ses clientèles dans son chiffre d'affaires. «En 2004, près de 75% de notre activité dépendait du ferroviaire. Aujourd'hui, il ne représente plus que 45% et le routier compte pour plus de 30%», explique Pierre Mandier.
Le mouton à cinq pattes de Deschamps
Le dirigeant n'abandonne pas le ferroviaire, un marché toujours dynamique en raison du nécessaire ré-équipement des voies en signalétique et de la création de nouvelles lignes de TGV. Néanmoins, la priorité se situe aujourd'hui sur le marché des poteaux. «Nous présenterons au mois d'avril, au Sifer de Lille, le Mouton Deschamps. Trois années de R & D et 600.000€ ont été investis dans cette machine, qui est capable de faire coïncider - via des calculs - l'utilisation des poteaux et leur composition... L'idée est de pouvoir vendre des poteaux sur-mesure avec la mention de l'énergie nécessaire pour qu'ils cassent. Une manière de combler l'absence de normes sur ce secteur et surtout de limiter le nombre d'accidents graves», explique Pierre Mandier. Grâce à cette petite révolution, il prévoit de doubler l'activité de son entreprise.
Opération de croissance externe sur Saint-Étienne
Au cours de l'année 2010, Deschamps père et fils s'est également offert un relais de croissance externe, via le rachat de Plastiques industriels de la Loire (17 salariés, 1,7M€ de chiffre d'affaires). «Leur activité est très complémentaire de la nôtre car ils ont un savoir-faire important dans l'injection composite et sont capables de réaliser des séries plus courtes. En plus, ils sont installés à Saint-Étienne, un pôle logistique intéressant», confie Pierre Mandier. L'entrepreneur a d'ores et déjà investi 500.000€. Il a également transmis sa culture de l'innovation: «A savoir travailler sur la différence, produire mieux plutôt que produire plus, préserver ou retourner à d'anciennes pratiques avec des savoir-faire nouveaux». Ainsi, en partant de l'une de ses compétences clés - la fabrication de cabines téléphoniques, notamment pour le compte de France Telecom - Pierre Mandier veut offrir une seconde jeunesse à cette PME. Pour cela, il a imaginé les «cabines silence» pour téléphones portables. «Une cabine pour permettre aux gens de passer leurs communications sur téléphones portables en toute discrétion et isolés du bruit ambiant». Un prototype doit sortir pour le printemps et sa mise en fabrication devrait suivre dans la foulée. «Le marché que nous pouvons adresser est immense... Des gares aux stades en passant par les aéroports, les lieux publics ou encore les trains». À terme, le dirigeant espère produire une centaine de ces cabines silence chaque mois.
Deschamps père et fils
(Saint-Raphaël) Dirigeant: Pierre Mandier 37 salariés dans le Var, 17 à Saint-Étienne CA2009: 3,7M€ et 1,7M€ @email Tel.: 0494951344