Ardennes
"Dans le judo comme dans l’entreprise, nous nous fixons des objectifs que nous ne lâchons pas"
Ardennes # Sport

"Dans le judo comme dans l’entreprise, nous nous fixons des objectifs que nous ne lâchons pas"

S'abonner

Dans le top 5 français des meilleurs judokas entre 2014 et 2018, les frères Adrien et Clément Guilloux mettent désormais à profit la rigueur sportive qu’ils ont acquise pour diriger ensemble Transports Guilloux, une entreprise familiale ardennaise opérant à la fois dans le transport de personnes, la location de véhicules et comme auto-école.

Clément et Adrien Guilloux sont codirigeants de Transports Guilloux — Photo : Transports Guilloux

Comment votre passion pour le judo a-t-elle commencé ?

Adrien Guilloux : Notre père est professeur de judo, dans le petit village de Juniville, dans les Ardennes. Il nous a entraînés jusqu’à l’âge de 12/13 ans. Après, nous sommes partis en structure : Clément est allé en sport études à Reims, et moi à Strasbourg.

Clément Guilloux : Puis nous nous sommes retrouvés tous les deux sur Paris, en 2009-2010. Nous sommes arrivés en structure haut niveau senior, l’Institut de Judo. Nous avions respectivement 19 et 16 ans. J’ai alors terminé mes études, terminale puis BTS. Nous sommes ensuite devenus moniteurs d’auto-école sur Paris, avec le planning aménagé pour pouvoir faire du judo le matin et le soir.

Aviez-vous déjà en tête l’entreprise familiale ?

A. G. : Pas forcément. Mais les diplômes de moniteur d’auto-école sont très recherchés sur Paris et nous gagnions mieux notre vie en faisant ça qu’en faisant serveur…

Jusqu’où êtes-vous allés dans le judo ?

A. G. : Dans le judo, nous sommes rapidement passés au niveau national à partir de 2013-2014. À cette époque, nous faisions 25 heures d’entraînement par semaine, avec des séances très tôt, dès 6 heures du matin et le soir à 18 heures, pour pouvoir travailler la journée et gagner de l’argent. Une fois que l’on a vu que nous n’allions pas être champions olympiques et qu’on vieillissait, nous avons arrêté le haut niveau, tout en continuant à nous entraîner. À la fin, nous étions partenaires d’entraînement de Teddy Riner et d’autres champions, pour les Jeux Olympiques. Nous les aidions à se préparer. On faisait partie du top 5 français, entre 2014 et 2018, Clément en moins de 81 kg et Adrien en moins de 100 kg.

Comment passez-vous du judo à la direction de Transports Guilloux ?

A. G. : Le judo, avec le niveau que l’on avait, ne nous permettait pas de gagner notre vie. Notre vraie base, c’était notre société dans les Ardennes, en province. C’est une auto-école qui a été créée en 1959 qui est aussi devenue, ensuite, une société de transport de personnes. Pendant le Covid, il y a eu 18 mois d’arrêt d’activité. Notre chiffre d’affaires était de 1,9 million d'euros, on est redescendus en 2021 à 900 000 euros avec pour seule activité la formation poids lourds auto-école, et un tout petit peu de voyage. Nous sommes revenus dans les Ardennes, pour pouvoir développer la société, qui comptait alors 9 salariés. Nous sommes devenus cogérants en 2022 et en 2023 pour Clément.

Comment vous êtes vous adaptés à ce nouveau milieu, sans aucune formation dans l’économie ?

A. G. : Pendant le Covid, nous avons analysé toutes les sociétés du Grand Est et de l’île de France qui avaient la même activité que nous, et essayé de voir pourquoi eux étaient gros. Nous avons fait du copié collé.

C. G. : Nous nous sommes entourés de personnes qui avaient des compétences que nous n’avions pas forcément, d’un point de vue comptable, ou logistique. Cela nous a permis de passer à une vitesse supérieure. Et nous avons plusieurs amis entrepreneurs, qui ont des sociétés importantes : encore une fois nous avons copié leur façon de manager. Nous avons plusieurs branches : nous avons décidé de toutes les développer. Dans le judo comme dans l’entreprise, nous nous fixons des objectifs que nous ne lâchons pas. Aujourd’hui, l’entreprise réalise entre 4 et 4,3 millions d’euros de chiffre d’affaires pour près de 38 collaborateurs, incluant les saisonniers. Et nous cherchons actuellement à acquérir un terrain pour mettre tous nos véhicules.

Quels sont les liens entre l’entreprise et le judo ?

C. G. : C’est une façon d’être. Si on doit entamer un marché, on ira jusqu’au bout. On a eu l’habitude de se surpasser au niveau de l’effort. Ce qu’on fait, c’est dur, mais cela reste moins dur que ce qu’on a déjà vécu. On a voyagé, on est allés au Japon, au Brésil, en stage de judo, où vraiment c’était très dur, à 9 heures de judo par jour. Le métier de tous les jours ne sera jamais aussi dur. C’est ça le lien.

A. G. : Notre autre force, c’est que nous travaillons en famille. Nous sommes six cogérants, plus ma grand-mère, qui travaille encore dans l’entreprise. Tout le monde se préoccupe de l’entreprise et nous travaillons tous ensemble. S’il y a un problème quelque part, on tire tous la corde dans le même sens.

Et aujourd’hui, vous travaillez toujours avec des sportifs…

A. G. : On travaille énormément avec des sportifs depuis le Covid, dont la Fédération française de judo, le club Champagne Chalons Reims Basket (CCRB), le handball de Reims, le foot de Charleville-Mézières…

C. G. : Il y a eu un effet boule de neige : les sportifs ont vu qu’on transportait d’autres équipes et nous ont contactés. Ça a commencé par la Fédération française de judo, pour qui on emmène les équipes nationales en tournoi à l’étranger et en France.

Et aujourd’hui, à quelle fréquence pratiquez-vous votre sport ?

A. G. : Je m’entraîne quasiment une heure par jour : je veux me maintenir en bonne santé le plus longtemps possible. Et puis ça me permet d’évacuer les petits problèmes de la société et de maintenir un équilibre psychologique.

C. G. : Dans le judo, on fait des entraînements trois fois par semaine. Nous sommes tous les deux entraîneurs au judo club de Juniville. Et nous venons de monter une équipe professionnelle de judo.

Ardennes # Sport # Transport-logistique # Tourisme