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Crédit Mutuel Alliance Fédérale : bilan semestriel solide et ambitions confirmées
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Crédit Mutuel Alliance Fédérale : bilan semestriel solide et ambitions confirmées

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Crédit Mutuel Alliance Fédérale (CMAF) a présenté ce mercredi 30 juillet des résultats semestriels solides sur 2024-2025, portés par une activité dynamique dans l’ensemble de ses métiers. Le groupe mutualiste basé à Strasbourg (Bas-Rhin) revendique une efficacité opérationnelle de premier plan.

Portrait de Daniel Baal, Président du Crédit Mutuel, à Strasbourg, est de la France, le 28 mars 2025 — Photo : ABDESSLAM MIRDASS / HANS LUCAS

À l’issue du premier semestre 2025, le produit net bancaire du groupe alsacien Crédit Mutuel Alliance Fédérale (CMAF) atteint 8,77 milliards d’euros, en progression de 6,2 % sur un an. Le résultat avant impôt ressort à 2,86 milliards d’euros (+ 8,4 %), tandis que le résultat net part du groupe s’établit à 1,83 milliard d’euros, en baisse de 10,1 %.

En cause, "la surtaxe exceptionnelle d’impôt sur les sociétés introduite par la loi de finances 2025, qui a coûté 314 millions d’euros sur le semestre, et devrait atteindre 418 millions d’euros sur l’ensemble de l’année, a estimé Daniel Baal, président du CMAF, lors de la présentation des résultats semestriels du groupe, mercredi 30 juillet à Strasbourg. Sans cette mesure, le résultat net aurait progressé de 5,3 %".

Un modèle diversifié et performant

Tous les métiers du groupe affichent des performances positives. La banque de détail enregistre une croissance du PNB de 6,1 %, portée par l’amélioration de la marge d’intérêt et une reprise de la demande de crédits à l’habitat. L’assurance progresse fortement à + 15,9 %, avec une collecte nette en assurance-vie de 2,4 milliards d’euros, soit + 87 % sur un an. Les métiers spécialisés (banque privée, gestion d’actifs, activités de marché) affichent également une croissance de 2,8 %.

Le coût du risque diminue à 902 millions d’euros (- 5,8 %), et le coefficient d’exploitation reste à un niveau très compétitif de 57,3 %, l’un des plus bas du secteur bancaire français.

Des investissements stratégiques pour le long terme

Le groupe a confirmé sur le premier semestre 2025 ses ambitions de développement technologique et territorial. Il a notamment investi 230 millions d’euros dans deux data centers de dernière génération en Bourgogne, certifiés Tier IV, et déploie ses premiers cas d’usage de l’intelligence artificielle générative avec la plateforme watsonx d’IBM. Des investissements dans le domaine de l’informatique quantique sont aussi évoqués.

Éric Petitgand, directeur général de CMAF, a pour sa part insisté sur la volonté du groupe de prendre " le meilleur des deux mondes physique et digital ", en investissant massivement dans les outils tout en renforçant ses équipes sans remplacement automatique, afin de réduire la charge administrative et d’améliorer la relation client.

Par ailleurs, la baisse récente du taux du livret A est perçue par la direction du groupe comme une opportunité de réorientation de l’épargne vers des supports plus longs et plus productifs, tels que l’assurance-vie ou les investissements durables.

Le dividende sociétal, un levier d’impact sous pression

Depuis 2021, CMAF affecte 15 % de son résultat net annuel consolidé à un dividende sociétal, soit environ 619 millions d’euros pour l’année 2025. Ce mécanisme unique permet de financer à parts égales : des entreprises à mission à impact social ou environnemental, et des actions de mécénat, en solidarité sociale ou transition écologique. Toutefois lors de la conférence de presse, Daniel Baal, Éric Petitgand et Alexandre Saada (directeur financier) se sont dits inquiets quant à la pérennité de la surtaxe d’IS qui remettrait en cause la capacité du groupe à soutenir ses engagements en matière d’intérêt général, mais également pour rémunérer équitablement ses collaborateurs. Parmi les initiatives soutenues par le CMAF figurent le Fonds Révolution Environnementale et Solidaire, abondé à hauteur de 1,1 milliard d’euros depuis sa création en 2023, mais aussi des investissements dans des entreprises innovantes comme Eco Tech Ceram (chaleur industrielle décarbonée) ou Mobyfly (transport fluvial à hydrogène), et enfin des programmes sociaux, avec notamment 17 millions d’euros dévolus à l’enfance défavorisée, en lien avec le Secours populaire, Médecins du monde et Les Restos du Cœur.

Le groupe finance par ailleurs la création du premier centre de santé dédié aux enfants victimes de maltraitance (2 millions d’euros), en Île-de-France.

Une stratégie assumée face à la conjoncture

Les résultats financiers semestriels du Crédit Mutuel Alliance Fédérale démontrent la pertinence de son plan stratégique Ensemble Performant Solidaire 2024 – 2027, estime la direction. Ce plan structure les priorités du groupe autour de trois axes : l’humain, l’innovation technologique et la diversification européenne, spécialement via l’acquisition programmée de la banque allemande OLB, en cours de validation par les autorités.

" Ce plan a été pensé pour être peu sensible à la conjoncture, a rappelé Éric Petitgand. Il nous permet de maintenir notre cap : investir, accompagner la transformation, et créer de la valeur utile pour nos sociétaires, nos territoires et notre environnement. "

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