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Crédit Mutuel Alliance Fédérale enregistre un produit net bancaire record de 16,6 milliards d’euros en 2024
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Crédit Mutuel Alliance Fédérale enregistre un produit net bancaire record de 16,6 milliards d’euros en 2024

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Implanté à Strasbourg, Crédit Mutuel Alliance Fédérale a bouclé un exercice 2024 record avec plus de 16,6 milliards d’euros de produit net bancaire, pour 4,1 milliards d'euros de résultat net. Pour autant, ses dirigeants ont fustigé l’instauration de l’impôt temporaire sur les grandes sociétés qui risque "d'handicaper" son prochain bilan.

Eric Petitgand, directeur général, et Daniel Baal, président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, ont dévoilé les chiffres 2024 pour Crédit Mutuel Alliance Fédérale — Photo : DR

Lancé en grande pompe en janvier 2024 au Zénith de Strasbourg par Nicolas Théry, ex-président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale avant de quitter précipitamment son poste un mois plus tard, la première année du plan stratégique "Ensemble, Performant, Solidaire" s’est achevée avec des résultats au plus haut niveau pour l’entreprise qui emploie plus de 77 000 collaborateurs. La banque mutualiste a communiqué, jeudi 6 février, ses chiffres pour l’année écoulée qui font état d’un produit net bancaire (PNB) de 16,6 milliards d’euros (+ 3,4 %) et d’un résultat net de 4,1 milliards d’euros (+ 0,2 %).

L’activité de banque de détail en recul

Malgré un contexte défavorable pour la banque de détail en France et le principe d’une surtaxe sur les bénéfices des grandes sociétés dans le cadre du vote du budget de l’Etat pour 2025, la nouvelle équipe dirigeante de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, composée autour de Daniel Baal, reste fixée sur l’objectif initial de son plan stratégique : celui d’atteindre un produit net bancaire de 19 milliards d’euros et un résultat net de 5 milliards d’euros d’ici 2027.

En attendant, les résultats de 2024 ont été "sauvés" par sa stratégie de bancassureur diversifié qui se chiffre à 983 millions d’euros (+ 19,7 %) ainsi que son activité dite des "métiers spécialisés" auprès de la gestion d’actifs et des grandes entreprise qui progressent de 30 % avec un résultat net de 1,1 milliard d’euros. De quoi compenser la chute de l’activité réseaux et de banque de détail de Crédit Mutuel Alliance Fédérale en baisse de 33,5 %, en raison de la faible demande de crédits à l’habitat, du pincement des marges d’intérêts et de la hausse du coût du risque, pour un résultat net à 1,2 milliard d’euros.

Un dividende sociétal qui s’élève à 618 millions d’euros

Instauré en 2023, via notamment "fonds de révolution environnementale et solidaire", le dividende sociétal visant à mener diverses actions RSE et de mécénat s’élèvera à 618 millions d’euros en 2025. "Cela fait partie de notre modèle d’affaires", a martelé Daniel Baal, président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Et ce malgré le "handicap" qui attend le groupe bancaire avec la surtaxe temporaire d’impôts votée par les parlementaires dans le cadre du budget 2025 "au-delà de nos actions volontaires de solidarité".

400 millions d’euros à prévoir dans le cadre la surtaxe temporaire

"Nous sommes un des principaux contributeurs à l’impôt en France. La surtaxe à l’impôt sur les grandes sociétés nous frappera de plein fouet en étant de l’ordre de 400 millions d’euros, ce qui nous placera juste derrière LVMH et EDF et loin devant les autres banques françaises", a taclé M. Baal. Considérée comme "injuste" et "contre-productive", aux yeux du dirigeant, cette mesure s’apparente comme "une surtaxe sur le Made in France et les entreprises qui ont fait le choix de créer de la valeur et de la partager sur le territoire".

Des ambitions outre-Rhin autour de la bancassurance

Autre annonce pour cette année, Crédit Mutuel Alliance Fédérale va lancer outre-Rhin ACM Deutschland, avec l’appui de sa filiale Targobank, spécialisée dans les crédits à la consommation et la distribution d’assurances-vie, pour exporter son offre de bancassurance. "Nous voulons faire de l’Allemagne notre second marché, où nous avons plus de 7 000 collaborateurs et plus de 3,8 millions de clients", précise Eric Petitgand, directeur de la banque mutualiste. Pour cela, il envisage de constituer un réseau avec des courtiers tout en n’excluant pas des opérations de croissance externe.

Investissements dans l'IA

Enfin, la banque française va continuer à investir dans les technologies et l’IA. "Nous continuerons de développer nos solutions en intelligence artificielle avec notre partenaire IBM, puisque nous estimons avoir libéré un million d’heures de travail administratif à nos collaborateurs en 2024", conclut Eric Petitgand.

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