Il est possible de faire renaître une entreprise en liquidation judiciaire. Philippe Couprie en apporte la preuve. Créée en 1968, la Confiserie Poisson, grossiste en confiseries auprès des détaillants sédentaires ou forains, avait fini par faire faillite. "J’ai repris l’entreprise à la barre du tribunal de commerce fin 2011. Il y avait une personne salariée et moi-même. Le chiffre d’affaires était tombé à 200 000 euros", se souvient le dirigeant. Douze ans plus tard, la Confiserie Poisson peut s’enorgueillir d’un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros, réalisé par dix à quatorze collaborateurs (l’effectif étant variable selon la saisonnalité).
La confiance des forains par bouche-à-oreille
Pour redémarrer l’activité puis la développer, Philippe Couprie a commencé par rencontrer tous les anciens clients. "Je leur ai demandé leurs attentes et j’ai listé avec eux les produits qui leur manquaient", raconte l’entrepreneur. Le catalogue s’est étoffé jusqu’à afficher aujourd’hui 3 500 références. "Quand nous intégrons un nouveau produit, nous le maintenons au catalogue, même s’il ne marche pas au début. Il faut le laisser vivre. On doit être constant", souligne le patron de la Confiserie Poisson. L’écoute des clients et cette régularité sont des arguments qui semblent avoir fait mouche : "Nous travaillons beaucoup avec le monde forain. C’est très compliqué, mais quand la confiance s’instaure, notre réputation se diffuse par le bouche-à-oreille" poursuit-il.
Les campings comme nouveaux clients
Ensuite, le dirigeant a choisi de diversifier l’activité, tout en restant dans ce créneau qu’il qualifie de "l’instant plaisir". Outre les confiseries, il propose du matériel pour les commerçants de la fête : crêpières, gaufriers, présentoirs à bonbons, machines à granité, etc.
Il a également élargi ses cibles en investissant le marché des campings. Il a développé ce segment grâce à une présence forte sur les salons professionnels. Installée au Marché d’intérêt national (MIN) d’Angers, la Confiserie Poisson fournit des clients dans la France entière et même à l’étranger : des campings en Espagne, en Italie, en Allemagne et aux Pays Bas.
Aujourd’hui, les campings constituent 30 % du chiffre d’affaires. En y ajoutant le négoce avec les confiseurs de fêtes foraines et les parcs d’attractions, on atteint 70 % du chiffre d’affaires. Le reste concerne les commerces sédentaires : boulangeries, boutiques spécialisées ou d’alimentation, etc.
Une transmission en préparation
Les qualités humaines sont un marqueur important de cette petite entreprise. "Lorsque l’on embauche quelqu’un, tout le monde donne son avis, parce que tous les membres de l’équipe travaillent ensemble. Cela fonctionne : le turnover est très réduit chez nous", précise son dirigeant. L’effectif compte deux à trois alternants (un nouveau chaque année), dont certains restent, en CDI.
Philippe Couprie se projette maintenant sur une transmission. "La deuxième génération se prépare : ma fille a intégré l’entreprise cette année". De nouveaux axes de développement commercial sont en réflexion, pour accompagner cette nouvelle étape.