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Weisrock entre dans le giron de la société vosgienne NS Gerbois
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Weisrock entre dans le giron de la société vosgienne NS Gerbois

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Le tribunal de commerce de Dijon a validé le 6 juin l’offre de reprise de Weisrock Vosges déposée par le spécialiste des conditionnements en bois, Nouvelle société Gerbois. Le repreneur basé à Sapois (Vosges) va relancer les activités de l’expert des charpentes en bois lamellé-collé avec 35 salariés et prévoit d’injecter 3,5 millions d’euros sur place.

Le site de Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) va pouvoir poursuivre sa production tout en engageant d’importants travaux de mise en conformité — Photo : Philippe Bohlinger

À Saulcy-sur-Meurthe (Vosges), Weisrock Vosges, souvent présenté comme la Rolls des charpentes en bois lamellé-collé, voit son avenir s’éclaircir. Le tribunal de commerce de Dijon a validé le 6 juin le dossier déposé par la Nouvelle société Gerbois (NS Gerbois) pour la reprise de ses actifs. Le repreneur, un spécialiste des conditionnements en bois (60 salariés, 9 M€ de CA en 2024), a fait jouer plusieurs cartes pour convaincre la juridiction de préférer son offre à celle du second candidat, l’entreprise de construction bois Gardarein localisée en Dordogne.

Reprise de la moitié des effectifs

NS Gerbois a en effet l’avantage d’être basé dans les Vosges, à Sapois, à 40 Km des ateliers de Weisrock, et sa dirigeante, Laetitia Rochatte, a démontré à deux reprises sa capacité à redresser des activités dans un contexte de liquidation judiciaire. La poursuite de la fabrication de poutres à Saulcy-sur-Meurthe a néanmoins un coût social. NS Gerbois reprend 35 salariés soit environ la moitié de la masse salariale de l’industriel dont les effectifs ont culminé jusqu’à 120 personnes en 2023-2024, intérimaires compris.

Weisrock Vosges avait été placé en liquidation judiciaire le 11 mars dernier, plombé par les difficultés de sa maison-mère, l’ex groupe lorrain de construction Morlot. Les autres filiales du groupe ont pour leur part été reprises à la barre du tribunal par NGE, un géant français du BTP.

Laetitia Rochatte confie qu’elle était à la recherche "d’opportunités de diversification" et explique avoir été séduite par "les savoir-faire des salariés" mais aussi touchée par "le risque de fermeture d’une boîte locale", qu’elle connaissait pour avoir collaboré avec son ancien dirigeant Laurent Morlot.

Deux activités relancées après une liquidation

La cheffe d’entreprises de 41 ans compte s’appuyer sur son expérience pour relancer Weisrock Vosges. Elle a relancé l’ex société Gerbois liquidée en 2014 avec un groupe de salariés, ainsi qu’avec sa mère, Rose-Marie Rochatte, une figure de l’économie vosgienne aujourd’hui retraitée.

Elle a fait de même avec l’entreprise Virtuobois à Lure (Haute-Saône), une scierie relancée après sa liquidation en 2019. Cette dernière société totalise aujourd’hui 10 salariés (pour un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros en 2024) et un investissement 3 à 4 millions d’euros y est programmé. Laetitia Rochatte identifie d’ores-et-déjà des opportunités de synergies entre ses trois sociétés. En attendant, un nouveau chantier s’ouvre chez Weisrock Vosges qui sera rebaptisée Nouvelle société Weisrock.

Remise en conformité du site vosgien

En 2025, le principal défi consistera à poursuivre la production tout en remettant en conformité le site dont une partie de la toiture s’est effondrée en début d’année. NS Gerbois prévoit également d’investir dans la rénovation des bâtiments, ainsi que dans une nouvelle chaudière biomasse, ce qui devrait porter l’enveloppe totale à 3,5 millions d’euros d’ici à trois ans.

L’histoire de Weisrock Vosges, une entreprise fondée en 1871, va donc continuer de s’écrire avec sans doute de beaux projets à l’instar du spectaculaire dôme en structure bois venu couvrir en 2021 l’établissement Nancy Thermal.

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