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Camille Fournet agrandit sa manufacture de l’Aisne
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Camille Fournet agrandit sa manufacture de l’Aisne

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Le maroquinier de luxe Camille Fournet agrandit son unique atelier de production dans l’Aisne. L’objectif est de développer l’activité maroquinerie de la marque, en parallèle des bracelets de montres, mais aussi son activité pour de grandes marques de luxe françaises.

Le troisième bâtiment de la manufacture de Tergnier sera opérationnel en janvier 2025, après un investissement total de 7 millions d’euros — Photo : Camille Fournet

Le maroquinier de luxe Camille Fournet agrandit sa manufacture, située à Tergnier, dans l’Aisne. Un troisième bâtiment de 2 500 m² est en cours de construction, pour venir compléter les 7 000 m² existants. L’investissement consenti s’élève à 7 millions d’euros : "5 millions pour le bâtiment et 2 millions pour les machines", détaille le directeur général depuis 2020, Jean-Yves Basin.

Deux axes de diversification

Cet agrandissement était devenu nécessaire pour Camille Fournet, fondé en 1945, qui travaille à développer son activité de maroquinerie. "65 % de la production concerne les bracelets de montre pour l’horlogerie suisse, avec environ 450 000 bracelets par an. Mais nous souhaitions nous diversifier", indique le directeur général. L’entreprise réalise désormais des sacs, à hauteur de 50 000 par an, ou de la petite maroquinerie (portefeuilles, porte-cartes, porte-monnaie), sous sa marque propre. Elle s’est aussi lancée dans les articles pour les grandes marques de luxes françaises. "Nous avons commencé la sous-traitance pour eux en 2020, c’était un rendez-vous de raison", explique le dirigeant.

Recrutement d’environ 150 personnes

Cette extension s’accompagne d’une campagne de recrutement, sachant que 260 salariés travaillent actuellement sur le site de Tergnier. "Nous voulons embaucher environ 150 personnes supplémentaires. Une trentaine a déjà été recrutée et suit une formation en ce moment", note Jean-Yves Basin. Les formations en interne s’étalent sur 6 à 9 mois, voire au-delà pour les gestes les plus techniques, comme "les coutures en trois dimensions pour donner du volume au sac ou encore la teinture de tranche". La difficulté pour le moment n’est pas de trouver des candidats, car il y en a dans le bassin géographique autour de Tergnier, "mais l’enjeu, souligne le dirigeant, c’est plutôt la formation, pour les garder dans le temps. Car ces métiers de mains sont exigeants et demandent de l’excellence".

Accélérer à l’international

Le maroquinier est en croissance continue depuis plusieurs années, à hauteur de 6 à 10 % par an. Il projette de passer d’un chiffre d’affaires de 40 millions en 2023, à 60 millions en 2028. La manufacture, qui développe sa marque depuis les années 2 000, souhaite augmenter le nombre de boutiques et de corners dans les grands magasins à l’étranger. Camille Fournet est déjà physiquement présent au Japon et en Chine. "Nous allons ouvrir des boutiques aux États-Unis, au Moyen-Orient, soit au Qatar, aux Émirats ou en Arabie saoudite et en Asie du Sud, notamment en Corée du Sud, dans le courant de cette année et en 2025, où le marché du luxe est porteur", annonce le dirigeant.

En Europe, la "question de se développer se pose, mais ce sera pour plus tard", ajoute le dirigeant. En France, en plus de la boutique présente à Paris, rue Cambon, un nouveau point de vente a été ouvert en avril dernier au Printemps Haussmann. Pour soutenir ces projets d’expansion, Camille Fournet a accueilli à son capital deux nouveaux fonds, en janvier dernier : Crédit Mutuel Equity et Turenne Capital Groupe. L’actuel président, Jean-Luc Déchery, qui a racheté l’entreprise en 1994, conserve la majorité du capital.

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