Pour Dominique Massonneau, le président du groupe M-Energies, "la prochaine aventure, c’est d’être à 200 voire 230 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2030". Employant actuellement 550 salariés pour 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, le spécialiste des services énergétiques basé à Ludres, en périphérie de Nancy, aborde une nouvelle phase de son développement en changeant d’actionnaire majoritaire. Le fonds Eres IV, géré par Edmond de Rothschild Private Equity, doit finaliser d’ici à novembre le rachat de 75 % des parts du groupe M-Energies. "La signature est déjà faite, maintenant, nous finalisons tous les aspects, notamment juridiques, qui nous permettront d’aller au closing", détaille le président de M-Energies.
Intégration d’une quarantaine de cadres et responsables au capital
En profitant du deuxième LBO de l’histoire de M-Energies, l’actionnariat a été élargi "aux membres du comité d’exploitation", représentant "l’intégralité des cadres de l’entreprise et responsables de service, soit une quarantaine de personnes en plus des membres du comité de direction, qui sont déjà au capital", précise Aurélien Fortier. Actuel directeur général du groupe, Aurélien Fortier doit reprendre les missions de Dominique Massonneau et s’installer au poste de PDG lors du closing de l’opération.
75 % pour Eres IV
Concrètement, avant l’opération menée par Edmond de Rothschild, le capital de M-Energies était détenu à 50 % par Dominique Massonneau, par le groupe Turenne à 26 %, complété par Euro Capital et Bpifrance pour un total de 35 %. Le solde appartenant au comité de direction, pour 10 %, et deux minoritaires. Fin novembre, à côté d’Eres IV, le comité de direction détiendra 10 %, Dominique Massonneau 10 %. "Et Bpifrance a voulu revenir", précise l’actuel président de M-Energies.
Vers un véhicule financier permettant aux salariés de rentrer au capital
C’est aux termes d’une compétition qui a duré plus d’un an qu’Edmond de Rothschild s’est imposé. Une trentaine de fonds a été consultée, le président de M-Energies en a vu une quinzaine personnellement : "Au final, nous avons eu cinq lettres d’intention pour avoir deux ou trois offres fermes", précise le président de M-Energies, en regrettant le climat d’incertitude actuel. "Ce climat lié aux incertitudes politiques fragilise les entreprises, y compris leur valorisation", estime Dominique Massonneau. "J’ai choisi d’aller vers un deuxième LBO plutôt que de vendre à un industriel, c’est-à-dire à un de mes concurrents, pour que les cadres de l’entreprise puissent continuer l’aventure", précise Dominique Massonneau. À moyen terme, soit d’ici près de deux ans, Aurélien Fortier compte mettre en place un véhicule financier permettant à tous les salariés d’entrer au capital : "Et là, il y a des contraintes juridiques, réglementaires, fiscales et de mise en œuvre qui sont beaucoup plus compliquées", souligne le directeur général.
Trois leviers de croissance
Pour remplir les objectifs et dépasser les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, Aurélien Fortier identifie trois leviers de croissance : "d’abord la croissance organique, c’est-à-dire l’ennoblissement de nos contrats actuels et le gain de nouveaux marchés développés par notre direction commerciale et par les équipes commerciales et d’exploitation", précise le directeur général de M-Energies. Ensuite, la croissance se fera par l’absorption de petites structures, soit des niveaux d’activités compris entre 2 et 6 millions d’euros de chiffres d’affaires, et opérant dans la maintenance des appareils de chauffage et de climatisation pour les particuliers. "C’est notre spécialité", pointe Dominique Massonneau en indiquant avoir bouclé entre "40 et 50 opérations" de ce type depuis 2009.
"Compléter habilement le maillage territorial"
"Nous recevons des dizaines de dossiers toutes les semaines", indique celui qui a été directeur général du groupe Vinci pour l’Est de la France et a repris en 2009, alors âgé de 60 ans, la société vosgienne Solorec, qui pesait à l’époque "quelques millions d’euros de chiffre d’affaires". Pour Aurélien Fortier, les rachats de ces chauffagistes sur les marchés du particulier doivent permettre de "consolider les positions actuelles, apporter des synergies sur nos territoires ou compléter habilement le maillage territorial" du groupe, très bien implanté dans l’Est de la France et opérant jusqu’à Orléans. Ce métier lié à la maintenance, rassemblé sous la bannière M-Energies Service, pèse 40 % de l’activité du groupe, quand les opérations de conduite des chaufferies pour l’industrie, le tertiaire et les services, sont assurées par M-Energies Exploitation.
Des acquisitions "supérieures à 20 millions d’euros"
Troisième pilier de la feuille de route du nouveau dirigeant de M-Energies, les opérations de croissance externe d’une taille nettement plus significative. "Notre nouvelle actionnaire a des moyens financiers beaucoup plus importants que ce qu’on pouvait avoir jusqu’à maintenant, et va nous permettre d’aller faire une, deux ou trois très grosses opérations de croissance externe sur des tailles d’entreprise qui pourraient se situer de façon strictement supérieure à 20 millions d’euros par acquisition", précise Aurélien Fortier. Concrètement, à horizon 2030, le nouveau dirigeant de M-Energies compte sur la croissance organique et les petites acquisitions pour dépasser les 150 voire 160 millions d’euros de chiffre d’affaires, quand les cibles de taille supérieure devront permettre d’atteindre les 210 millions d’euros d’activités. Discret sur les noms des entreprises ciblées, Aurélien Fortier concède avoir déjà "checké les acteurs du marché qui pourraient nous intéresser" et anticipe une intégration en société fille, directement sous la holding contrôlée par M-Energies.