Le 27 avril, derrière la mise en service de la dernière éolienne d’un parc qui en compte 61, c’est un projet de grande ampleur qui se concrétise. Le parc en mer des îles d’Yeu et Noirmoutier (EMYN), situé au large de la Vendée, représente un investissement d’environ 2,5 milliards d’euros, illustrant la montée en puissance de la filière éolienne offshore en France. Soit environ 2 milliards pour les équipements et 500 millions d’euros pour l’installation. Après celui de Saint-Nazaire, c’est le second équipement industriel de ce type à l’échelle de la région Pays de la Loire.
Une mobilisation industrielle à l’échelle régionale
Au-delà de son coût global, le projet se distingue par l’ampleur de la mobilisation industrielle qu’il a suscitée. Plus de 200 entreprises des Pays de la Loire ont été sollicitées, tandis que les grandes infrastructures ont mobilisé plusieurs sites clés de la façade atlantique. Les composants stratégiques ont notamment été produits en Normandie, au Havre, chez Siemens Gamesa, tandis que la sous-station électrique a été fabriquée aux Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, confirmant l’ancrage industriel national du projet.
Le chantier a également reposé sur un essaim de PME régionales : 23 entreprises ont participé à la construction de la base opérationnelle, dont 18 vendéennes. Parmi elles, on trouve la vendéenne Rollix Defontaine, leader mondial des couronnes d’orientation qui permettent d’orienter les pales et symbole de l’intégration de fournisseurs locaux dans une chaîne industrielle européenne.
"L’une des caractéristiques remarquables du parc EMYN est sa forte empreinte industrielle européenne et française. 95 % de nos contractants sont européens, dont plus de 50 % en France", souligne Yannick Raymond, directeur de l’action territoriale et de l’environnement d’EMYN. Au total, le chantier aura mobilisé pendant 33 mois une chaîne industrielle complète, du génie civil aux équipements lourds, en passant par la logistique portuaire et l’ingénierie.
Jusqu’à 2 400 emplois mobilisés
Cette mobilisation industrielle s’est traduite par des retombées significatives en matière d’emploi. La phase de construction a généré près de 2 400 emplois directs et indirects, dans un secteur où les compétences techniques sont particulièrement recherchées.
À long terme, le parc doit continuer à irriguer l’économie locale avec 80 emplois directs, dont 66 basés sur l’île d’Yeu pour les opérations d’exploitation et de maintenance. C’est en effet sur cette île que s’ancre désormais le projet, avec la base d’exploitation et de maintenance installée à Port-Joinville. Cette infrastructure, conçue et réalisée avec des entreprises locales, constitue un point névralgique du dispositif industriel. Les personnels y sont chargés d’assurer la maintenance des 61 éoliennes. Cette base pérennise l’activité sur le territoire bien au-delà de la phase de construction.
Un projet emblématique de la transition énergétique
Avec une puissance installée de 500 MW, le parc doit produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle de près de 800 000 personnes, soit environ la population vendéenne. Mais pour ses dirigeants, cette mise en service dépasse le seul cadre de la production. "L’installation de la dernière éolienne marque l’aboutissement de plus de deux ans de travaux, une étape structurante pour le territoire, la transition énergétique française et l’atteinte des objectifs de développement de l’éolien en mer en France", déclare Frédéric Flaus, président d’EMYN.
Même lecture du côté des industriels partenaires. "Ce projet s’inscrit pleinement dans la trajectoire d’électrification du pays et illustre concrètement la dynamique du Made in Europe dans la filière éolienne", ajoute Yara Chakhtoura, présidente de Siemens Energy et Siemens Gamesa en France.
Avec ce cinquième parc éolien en mer français, la filière franchit une nouvelle étape, en démontrant sa capacité à structurer un écosystème industriel régional tout en attirant des financements massifs et des investisseurs internationaux, comme le géant de l'assurance Allianz. Un signal fort, à la fois pour la souveraineté énergétique et pour l’ancrage industriel des énergies renouvelables sur le territoire. Dans un contexte où des nuages d’incertitudes colossaux planent sur le secteur pétrolier, les énergies renouvelables semblent plus que jamais avoir une carte à jouer, et pas seulement au large de la Vendée.