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Les Carrières de Noyant industrialisent la production de pierres naturelles
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Les Carrières de Noyant industrialisent la production de pierres naturelles

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Les Carrières de Noyant, basées à Septmonts (Aisne), ambitionnent de recréer une filière de pierres naturelles de construction. Pour y parvenir, la PME picarde a investi 13 millions d’euros dans une nouvelle usine. Elle va permettre de doubler la capacité de production, avec une même quantité de pierre extraite.

L’entreprise picarde Les Carrières de Noyant veut relancer la pierre naturelle dans la filière construction, dominée par le béton — Photo : Carrières de Noyant

L’entreprise picarde Les Carrières de Noyant vient de se doter d’une nouvelle usine, qui s’étend sur 6 000 m². Installée à quelques mètres de l’ancienne, à Septmonts, dans l’Aisne, elle est le fruit d’un investissement de 13 millions d’euros, financé par emprunt bancaire, subventions, trésorerie et apport en fonds propre des associés. L’objectif ? Doubler la capacité de production de pierre naturelle, en vue de peser davantage dans la filière construction, face au béton.

Passer à l’échelle industrielle

Après des tests réalisés durant l’été, la nouvelle usine est opérationnelle depuis septembre. "C’est une usine prototype sans équivalent, nous avons acheté des machines déjà existantes, et ce qui est nouveau, c’est qu’elles communiquent entre elles", détaille Camille de Paul, codirigeant. Des machines qui vont permettre de changer de dimension : de l’artisanat, avec auparavant des pierres produites sur mesure, à une échelle industrielle, en standardisant les modules de pierre.

"Cela va permettre à terme de doubler notre capacité de production, à partir de la même quantité d’extraction dans la carrière", poursuit-il. Car les nouvelles machines limitent "considérablement" les pertes à l’extraction et au façonnage. "Actuellement, pour 100 m3 de pierre, le produit fini est de 30 m3, soit 70 % de perte", dévoile-t-il.

Investir la filière construction

Lorsque Camille de Paul et Emeric de Kervenoaël ont repris les Carrières de Noyant, en 2018, les deux associés ont parié sur le retour de la pierre naturelle dans le bâtiment, face à l’hégémonie du béton. "La pierre peut se relancer, car elle permet des projets à faible impact carbone et répond à de nombreux critères de construction", explique Camille de Paul. Pierre locale, abondante, qui ne demande aucune cuisson, aucun traitement, durable dans le temps : le dirigeant dresse la liste des avantages face à un béton polluant et "beaucoup moins durable, on le voit avec les bâtiments qui ont 50, 60 ans, fissurés, et qui sont déconstruits aujourd’hui".

"Même si le marché de l’immobilier est en crise depuis un an, la part de la pierre naturelle dans les matériaux de construction est en forte croissance"

Si la pierre naturelle pour la construction constituait un marché de niche, ces dernières décennies, elle redevient un matériau de plus en plus utilisé. Les Carrières de Noyant, qui travaillent essentiellement en région parisienne, sont ainsi passées d’un chiffre d’affaires de 1,7 million d’euros et de 20 salariés en 2018, à 4 millions d’euros aujourd’hui, avec une quarantaine de salariés.

Avec cette nouvelle usine, l’entreprise passe d’un process artisanal à un process industriel — Photo : Carrières de Noyant

"Même si le marché de l’immobilier est en crise depuis un an, ajoute le dirigeant, la part de la pierre naturelle dans les matériaux de construction, environ 2 %, est en forte croissance". Quand le secteur de l’immobilier se portera mieux, "nous serons au rendez-vous", assure-t-il.

Démocratiser la pierre naturelle

L’augmentation des rendements permettra de maîtriser les coûts de production et de démocratiser la pierre naturelle pour la construction, "pas uniquement en façade, mais aussi en construction en massif", souligne le dirigeant des Carrières de Noyant. Cela permettra également à l’entreprise de s’adapter au marché et à des délais de construction courts : "car jusqu’à l’an dernier, nous devions refuser des contrats, trop importants par rapport à ce que nous étions capables de fournir", précise-t-il. Cette nouvelle usine est un "investissement majeur, et un vrai pari pour recréer une filière", insiste Camille de Paul. L’objectif affiché est d’augmenter le chiffre d’affaires de 50 % dans les deux ans.

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