Pour Vincent Maisonhaute et Luis Batista, les deux directeurs d’investissement qui ont piloté l’entrée majoritaire de Turenne Groupe au capital de TSA Industries, il faut maintenant "aller chercher de la croissance". Fabriquant d’équipements en acier inoxydable pour les secteurs de l’agroalimentaire, de la restauration et de la boulangerie, TSA Industries s’appuie sur deux sites en France, dont le siège et la principale usine, basé à Moussey, dans les Vosges, ainsi qu’un site de production installé en Slovaquie, qui emploie une soixantaine de personnes pour "préfabriquer" les produits. Au total, le groupe emploie 190 salariés et réalise, en vitesse de croisière, un peu plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Déjà un socle de rentabilité
Le président de TSA Industries, Marc Adjiman, est arrivé aux commandes en 2017 avec une feuille de route visant à retrouver le chemin de la rentabilité, après deux années compliquées liées à la transmission de l’entreprise. "Aujourd’hui, l’entreprise s’est bien redressée", soulignent Vincent Maisonhaute et Luis Batista. Sur les quatre dernières années, 3 millions d’euros d’investissement injectés dans l’outil de production ont permis de peaufiner la productivité de l’usine. "Marc Adjiman a rationalisé beaucoup de choses pour chercher de la rentabilité. Aujourd’hui, c’est chose faite, et donc la prochaine phase, c’est d’aller chercher de la croissance", ajoutent-ils.
Face à la concurrence asiatique
Face à la concurrence de groupes internationaux, notamment asiatiques, qui orientent leurs offres vers l’entrée de gamme, TSA Industries joue la carte du savoir-faire technique et de la proximité. "50 % de leurs produits sont sur mesure, avec des contraintes techniques assez fortes", précisent Vincent Maisonhaute et Luis Batista. "Pour l’agroalimentaire par exemple, les produits doivent garantir des résistances spécifiques à la manœuvrabilité des outils de robotisation." Pour répondre précisément aux exigences des clients, TSA Industries s’appuie sur un bureau d’études.
Des ambitions à l'international
Travaillant déjà à 30 % pour les marchés européens et les États-Unis, TSA Industries veut désormais aller plus loin : "Nous voulons accentuer les démarches à l’export sur certaines régions, dans lesquelles nous pensons qu’il y a des parts de marché à prendre", indiquent Vincent Maisonhaute et Luis Batista sans vouloir en dire plus. Autre axe de développement, la diversification produit, qui pourra passer par des opérations de croissance externe. "Nous avons des contacts, avec des cibles très intéressantes", confirment les directeurs d’investissements de Turenne Groupe, qui indiquent chercher à dégager "plus de valeur ajoutée" grâce aux produits en inox, dans des secteurs comme la santé.
Ouvrir le capital aux salariés
Pour faire de la place au groupe Turenne, fonds qui gère plus de 2 milliards d’euros d’actifs et compte 300 entreprises en portefeuille, la sortie des actionnaires financiers, French Food Capital, Capital Grand Est et CEGEE Capital, a été lancé début 2025. Une sortie qui a permis au président de TSA Industries de consolider sa position au capital tout en accueillant les cadres clés du groupe, dans une logique de "continuité industrielle et de renforcement stratégique", le tout en privilégiant "une reprise interne".
Le nouvel actionnaire majoritaire de TSA Industries, a mené l’opération via les fonds SLP Sélection & Opportunités et Nov Relance Impact, fonds souscrit par la Caisse des Dépôts. "Un des sujets ESG que nous mettons en place systématiquement avec ce véhicule, c’est notamment l’actionnariat salarié", précisent encore Vincent Maisonhaute et Luis Batista. Un sujet sur lequel les deux directeurs d’investissement se donnent 18 mois pour aboutir, avec pour objectif de soigner la marque employeur de l’entreprise pour faciliter les recrutements.