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Bretagne Lin lance la construction d’une usine de teillage
Finistère # Textile et mode # Implantation

Bretagne Lin lance la construction d’une usine de teillage

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Douze ans après la fermeture de l’entreprise Gad, le site industriel reprend des couleurs avec l’implantation à Lampaul-Guimiliau de la nouvelle usine de teillage de Bretagne Lin, qui veut relancer la filière lin en Bretagne. Un chantier à 14 millions d’euros pour une mise en service à l’été 2026.

Dominique Le Nan, au centre, lors de la pose de la première pierre de la future usine de teillage de Bretagne Lin — Photo : Jean-Marc Le Droff

Relancer la filière de lin textile en Bretagne, 45 ans après sa disparition. C’est le pari de Dominique Le Nan, qui a créé l’entreprise Bretagne Lin en 2022 à Landivisiau. Trois ans plus tard, l’entreprise travaille d’ores et déjà avec 120 producteurs du Finistère Nord et des Côtes-d’Armor. Peu gourmande en eau et en azote, la culture de cette fibre végétale réputée pour sa solidité est aujourd’hui bel et bien repartie. Place, désormais, à la transformation.

Un investissement de 14 millions d’euros

Et c’est justement l’étape que Bretagne Lin vient d’amorcer, avec le lancement de la construction de son usine de teillage à Lampaul-Guimiliau. Un projet à 14 millions d’euros, pour une livraison prévue à l’été 2026. "Nous avons fait démolir près de 10 000 m2 de bâti pour n’en conserver que 6 000 m2, et nous allons en construire 4 600 m2 de plus", expose Dominique Le Nan, qui a confié le chantier à l’entreprise costarmoricaine Nobâ. Et si la nouvelle usine est prête à employer 45 salariés à son lancement, sa montée en puissance devrait générer jusqu’à une centaine d’emplois. "Nous allons commencer par transformer l’équivalent de 2 000 hectares, avec l’ambition de doubler la production à moyen terme", confie le dirigeant.

Un renouveau pour l’ancien site de l’abattoir Gad

Et si la relance de la filière lin en Bretagne est déjà un symbole en soi, l’implantation même de la future usine revêt elle aussi une valeur hautement symbolique. Elle sortira en effet de terre sur le site de l’ancien abattoir de l’entreprise Gad qui avait fermé ses portes en 2013, laissant près de 900 salariés sur le carreau. Occupé un temps par l’entreprise de transformation de saumon Mowi, dont l’usine de Landivisiau avait été victime d’un incendie en 2019, le site était depuis en friche.

La Région en soutien

"C’est une excellente nouvelle pour le territoire, profondément meurtri, à l’époque, par la perte de ses emplois industriels", s’est félicité le président de Région, Loïg Chesnais-Girard, lors de la cérémonie de la pose de la première pierre de la future usine, début octobre. Au-delà des travaux sur le site, la Région a également soutenu le projet en lui accordant une garantie de prêt d’un million d’euros pour l’acquisition de la ligne de production.

"Dans le lin, tout est bien !"

"La ligne de teillage de notre usine fera 90 mètres de long et permettra d’isoler la fibre de lin par battage et par gravitation, sans chimie et sans eau", retrace Dominique Le Nan. Une fibre de lin qui trouve de nombreux débouchés dans l’industrie textile, mais également dans les matériaux composites pour l’automobile et le nautisme, la corderie ou encore les pâtes à papier. "Nous prévoyons également de valoriser l’ensemble des coproduits : filasse, fibres courtes, mais aussi les grains pour l’alimentation animale et la production d’huile de lin… Ou encore les anas qui peuvent servir pour faire de la litière, des panneaux agglomérés ou même du biocarburant. Car dans le lin, tout est bien !", conclut Dominique Le Nan.

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