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Lauréat France 2030, le transformateur de lin Linfini devrait lancer sa filature fin 2025 dans le Pays de Morlaix
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Lauréat France 2030, le transformateur de lin Linfini devrait lancer sa filature fin 2025 dans le Pays de Morlaix

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Linfini, qui veut transformer du lin breton, a reçu des subventions de l’État à hauteur de 2,2 millions d’euros. De quoi booster l’entreprise, en cours d’acquisition d’une friche de 4 500 m² dans le Pays de Morlaix. Côté exploitation, exit le textile, l’entreprise finistérienne veut maintenant vendre ses fils et toiles vers la décoration, le linge de maison, l’ameublement ou le packaging.

Tim Muller (à gauche), DG adjoint de Linfini, et Xavier Denis, PDG, annoncent le lancement de leur filature de lin fin 2025 à Pleyber-Christ dans le Finistère — Photo : Matthieu Leman

C’est un événement qualifié de "grand pas" qu’ont annoncé Xavier Denis, PDG de Linfini, et Tim Muller, DG adjoint, qui portent depuis 2020 un projet de filature de lin, dans le Pays de Morlaix (Finistère). "Nous avons reçu le soutien de l’État à hauteur de 2,2 millions d’euros", s’est félicité Xavier Denis.

Les subventions incluent 1,4 million d’euros pour la société d’exploitation Linfini dans le cadre de France 2030. "Elles permettront de financer les premiers emplois et machines de l’outil industriel", reprend le dirigeant.

L’autre partie (800 000 euros) a été attribuée à la société immobilière Linfini, dans le cadre du fond vert, à l’occasion du rachat, en cours, d’une friche industrielle à Pleyber-Christ (Finistère).

13 millions d’euros d’investissement total

Ce bâtiment de 4 500 m² sur un terrain de 17 000 m² devrait être officiellement acquis en fin d’année, pour un début des travaux en février 2025 et une livraison en octobre de la même année. Le tout pour un investissement total de 6,5 millions d’euros.

Dans ce bâtiment, qui pourrait être chauffé avec de la géothermie, 2 900 m² seront réservés aux métiers à filer. Un investissement de 2,5 millions d’euros. L’entreprise de trois salariés actuellement devrait également acquérir des métiers à tisser (400 000 euros), qui seront installés chez un partenaire, la Manufacture Textile des Vosges, et des métiers à tricoter (250 000 euros), en collaboration avec un tricoteur malouin. La mise en place de l’outil de production et de l’exploitation devrait coûter 6,6 millions d’euros en tout.

Un projet retardé

Cette accélération apparente du projet Linfini est en trompe-l’œil puisque cette activité de filature du lin, en lien avec la relance d’une filière bretonne de teillage (deux se trouvant à Landivisiau) devait être lancée en décembre 2023. Un retard dû notamment à la non-obtention de deux dispositifs d’aides à la réindustrialisation.

De la fibre de lin dans les bateaux

Pendant ces temps d’incertitude, le projet initial, tourné vers le textile, a évolué. De la production de fil "au mouillé", destiné aux vêtements, on est passé à la production de fil "au sec", utilisé dans le secteur du linge de maison, de la décoration, de l’ameublement. "La fibre de lin peut également remplacer la fibre de verre ou de carbone, comme sur le bateau du skipper Roland Jourdain", pointe Xavier Denis. Autre débouché inattendu, celui du packaging, avec des études menées pour concevoir un filet de légume composé de lin.

900 tonnes de fil par an

Suivant le nouveau calendrier, une première équipe administrative et de R & D va s’installer prochainement dans l’espace de coworking morlaisien Quai 5. En 2028, 34 salariés devraient transformer 1 400 tonnes de lin pour une production de 900 tonnes de fil par an et un chiffre d’affaires prévu de 17 millions d’euros. 48 % de l’activité proviendrait de la vente de fil, 30 % de la vente de toile et le reste de produits finis.

Le business plan comporte également la vente des coproduits issus de la transformation du lin pour en faire des galets de chauffage, en collaboration avec Guyot Environnement. L’approvisionnement sera à 90 % breton, en lien avec le producteur Teillage de Bretagne.

Des lettres d’intention pour 8 millions d’euros de commandes

Côté financement, outre les subventions évoquées, Linfini a annoncé une levée de fonds en cours de 2,85 millions d’euros, mais aussi un crédit-bail de 2,5 millions d’euros "qui jouit d’une garantie de Bpifrance et du fabricant" des métiers à filer, l’Alsacien Schlumberger. Ou encore un recours à la dette à hauteur d’un million d’euros et 300 000 euros d’avances de la Région. La société revendique également "des lettres d’intention de futurs clients, français et belges, représentant 8 millions d’euros de commandes", se félicite Tim Muller. En attendant, elle se livre à une activité de création d’objets en lin qui devrait lui rapporter 200 000 euros en 2024.

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