C’est en partie à Brest que l’équipementier automobile allemand ZF TRW (138.000 salariés; 1,4 Md€ de CA) prépare la voiture de l’avenir. Le centre R & D du technopôle à Plouzané conçoit et assemble ses radars de régulation de distance et de systèmes d’alerte à la collision. La maison-mère a annoncé cet été un investissement de 2,9¬ M€ sur le site. L’atelier de 2.150¬m² va être agrandi de 500¬m². « Nous allons également être équipés de nouvelles machines », indique Mickaël Léon, directeur du site depuis 2014.
Nouvelle production en 2017
De quoi encore accélérer la production et donc le développement de cette filiale. En effet, la production actuelle est de 300.000 pièces par an mais ZF TRW mise sur plus d’un million par an d’ici 2020. « Nous anticipons des volumes importants sur ce marché avec l’accélération des systèmes de sécurité active et la conduite automatisée », note le directeur. La première génération de produits est sortie en 2002. Depuis les lancements se succèdent.
« En 2017, nous aurons trois générations de capteurs en production en même temps, deux en développement et on commence déjà à travailler sur de nouveaux concepts pour une sixième génération, explique Mickaël Léon. Tout s’accélère. Aujourd’hui, on sort un produit tous les 24 mois. » Autocruise est née en 1999 d’une joint-venture entre Thales et l’équipementier américain TRW. Thales en est sorti en 2003 et en 2015, ZF a racheté TRW, créant ainsi l’un des plus grands équipementiers mondiaux. Le nouveau groupe fait toute la liaison à la route du véhicule : électronique, sécurité, transmissions, efficacité énergétique du véhicule, conduite automatisée. Brest, au sein de la division « sécurité active et passive », s’occupe surtout de l’aide à la conduite (Adas).
Penser la voiture de 2020
La voiture autonome est-elle déjà sur les radars ? « On se méfie du terme autonome car c’est encore loin. Il y a plusieurs niveaux d’automatisation. On est sur cette voie, c’est sûr, mais on aura besoin de redondance de capteurs de plusieurs technologies et d’intelligence artificielle. » La 4e génération de produits, l’AC1000 dont la production démarre en 2017, est déjà capable de détecter les piétons et possède un mode urbain. « C’est une génération de capteurs agiles, explique Mickaël Léon. Ils s’adaptent à l’environnement. Entre une conduite sur autoroute ou en ville, la portée des radars et la largeur de faisceau s’adaptent : plutôt 200¬m dans un cas, 70¬m dans l’autre. Ceci afin notamment de détecter un piéton qui traverse alors même qu’il est masqué du conducteur par une voiture stationnée par exemple. »
L’évolution visera ensuite à couvrir 360 degrés autour de la voiture avec des radars de coin. C’est la 6e génération. « On vise là des contrats à partir de 2019 pour des voitures qui arriveront en 2020 », précise le directeur. Brest, qui est le plus petit site du groupe, livre 40 usines dans le monde. « On est le seul site de radars, mais on travaille bien sûr en réseaux avec les autres sites en Angleterre, États-Unis,¬ etc. » Les clients sont les grands constructeurs automobiles habituels. « On a beaucoup travaillé au départ avec Volkswagen. Depuis notre troisième génération, on a dans nos clients les constructeurs français : PSA, Renault… », détaille Mickaël Léon. Ils sont aussi bien des constructeurs de voitures individuelles que de camions.
Effectif : +19 % en 2016
« Historiquement, on est à 50/50. Les deux marchés sont assez complémentaires pour nous, explique le directeur. Pour les camions, on est sur un temps long, d’échange avec les constructeurs. Ils choisissent un système pour une flotte qui doit durer cinq ans. Le marché des véhicules individuels va plus vite. Dans tous les cas, c’est la même exigence de fiabilité. » Pour mener à bien ces projets, la société, qui réalisera en 2016 environ 30¬millions d’euros de chiffre d’affaires pour 87 salariés et vient de passer en trois huit en mai dernier, recrute encore. « Cette année, notre effectif a augmenté de 19 %. On a quatre postes ouverts actuellement. D’autres s’ouvriront en 2017. » 41 % des salariés sont des ingénieurs. « On fait de gros effort sur la R & D, on y consacre 17 % du chiffre d’affaires. »