Lorsque le groupe de conseil américain Accenture a annoncé en 2022 qu’il choisissait Brest plutôt que Rennes ou d’autres métropoles françaises pour y implanter son centre d’innovation, cela ne s’est pas fait par hasard. "Nous sommes venus chercher des compétences, des talents. Il y a à Brest un excellent vivier de 30 000 étudiants avec 4 000 à 5 000 étudiants en technologies. Notre préoccupation est d’avoir accès à la compétence. Celle qui va rester et s’installer dans la durée", exposait alors Olivier Girard, président France et Benelux d’Accenture. Accenture, qui prévoit d’employer 500 personnes en 2026 sur le plateau des Capucins, est en passe de devenir un employeur privé de premier plan du territoire brestois, participant à la dynamique d’emploi locale.
700 nouveaux emplois privés par an
"Les entreprises créent 700 emplois salariés privés par an en moyenne en solde net", relève Michel Gourtay, vice-président de Brest Métropole, chargé de l’économie. "L’indice de l’évolution de l’emploi est très nettement supérieur à celui de la Bretagne ou de la France avec une trajectoire particulièrement favorable dans l’industrie et les services à contenus technologiques", poursuit l’élu qui est aussi le président du Technopôle Brest-Iroise.
113 000 emplois sont totalisés dans l’emploi salarié privé sur le territoire brestois (8 communes et 216 000 habitants), avec de grandes entreprises étrangères installées ou devenues étrangères par le truchement du changement d’actionnariat. C’est le cas du spécialiste des groupes électrogènes américain Rehlko (ex-Kohler, ex-SDMO), à Guipavas, qui emploie plus 800 personnes sur son site brestois. Ou encore de l’équipementier automobile allemand ZF Autocruise, à Plouzané (quelque 130 emplois), ex-spin-off de Thales, autre acteur économique de premier plan à Brest.
7,8 % des salariés brestois employés par des entreprises étrangères
Les entreprises étrangères ont pourtant moins de poids à Brest, et globalement dans l’Ouest de la France, qu’ailleurs en France. Selon l’Insee, seuls 7,8 % des salariés du bassin brestois travaillent dans des entreprises étrangères. Cela reste très en deçà de la moyenne française (13 % de l’emploi salarié) et de la plupart des territoires de l’Est du Nord de la France, dont le taux frôle parfois 30 %.
Si la roue Choose France (du nom de cet événement annuel de promotion de la destination France auprès d’acteurs économiques étrangers, NDLR) ne s’est pas de nouveau arrêtée sur la cité du Ponant en 2025, les élus parient sur de nouveaux projets d’investissements directs étrangers à venir. Pour cela, ils misent sur certaines spécificités de l’économie locale. "Nous sommes la capitale française des sciences et des technologies marines, c’est un positionnement majeur. Nous sommes capitale French Tech. Nous faisons partie des trois plus grandes bases de défense française. Et nous avons un pôle d’enseignement supérieur très fort", vante Michel Gourtay.
De nouvelles zones d’activité en développement
De nouveaux projets de développement économique sont en cours sur le territoire, pilotés par Brest Métropole. Le polder, sur le port de Brest, est en travaux. Il constitue un espace stratégique pour l’accueil d’activités industrielles. La collectivité travaille aussi au développement de zones d’activité économiques "dans le nord-est et à l’ouest de Brest", confie Éric Vandenbroucke, directeur du développement économique et international à Brest Métropole. "L’objectif est de pouvoir livrer des sites clés en mains dans les deux ans. La Défense et les énergies marines renouvelables sont des secteurs porteurs". Sera-ce suffisant pour attirer les projets étrangers ? Rappelons que la Bretagne a fait chou blanc sur les projets Choose France en 2025.
"Les entreprises, qu’elles soient nationales ou étrangères sont les bienvenues à Brest", tient à faire savoir Michel Gourtay. La collectivité peut s’appuyer sur des études et des actions servant l’attractivité du département émanant de l’association Investir en Finistère. Piloté par des chefs d’entreprise du territoire, ce réseau a intégré dans sa nouvelle feuille de route de cartographier les friches et bâtiments vacants. De quoi favoriser de nouvelles implantations.