À Béziers (Hérault), SLB (500 salariés, CA non communiqué) va injecter 70 millions d’euros dans un nouvel atelier. Cet investissement, révélé à l’occasion du sommet Choose France, sera consacré à la construction et l’équipement de ce futur bâtiment de près de 6 000 m2 (140 x 42 mètres), dont la livraison est attendue pour fin 2026. Il sera doté d’une chaîne de production de pointe comprenant des machines d’usinage, de soudure, d’ébavurage, de sablage et de peinture.
L’éolien flottant comme futur marché
Avec cet investissement, SLB se positionne pour se diversifier vers de nouvelles énergies. Déjà impliqué dans la production d’hydrogène, étant co-créateur avec le CEA de la joint-venture Genvia qu’elle héberge sur son site, le groupe entend cette fois adresser en premier lieu le marché de l’éolien flottant. "Nous sommes en train d’acter une transformation, décrit le directeur. Nous nous ouvrons aux nouvelles filières énergétiques".
Sur l'ancien site Cameron, le géant franco-américain (36,2 Md$ de CA 2025) usine et assemble historiquement des pièces métalliques pour l’industrie pétrolière (Oil & Gas) : obturateurs de sécurité, risers (conduits sous-marins), etc. "Les pièces que l’on fabrique vont de quelques centaines de kilos à quelques dizaines de tonnes, et servent à élaborer des sous-ensembles, qui pèsent de quelques tonnes à quelques centaines de tonnes", détaille Luc Mas, le directeur du site. Le nouvel atelier va permettre de produire des pièces de plus grosse taille.
Le fruit de réinventions successives
Ce nouvel outil industriel réunira l’ensemble des technologies et compétences acquises au fil du temps. "Nous nous sommes déjà réinventés régulièrement", raconte Luc Mas. Il retrace le parcours technologique de son entreprise : "Nous étions des spécialistes produit et nous sommes devenus des spécialistes process : nous avons la capacité à designer des lignes de production et à les mettre en place en un temps record, à les opérer et à manager la supply chain de façon efficiente. Nous créons ces lignes de production agiles pour répondre à la demande de nos clients".
Dans un deuxième temps, depuis quelques années, le constructeur a intégré la digitalisation des process. "Nous avons mis en place des lignes de production agiles, flexibles et digitalisées. Et là, nous avons démontré que nous étions compétitifs par rapport à la concurrence internationale". Dans ce futur atelier, il mixera toutes ces compétences dans un Agile Flexible Manufacturing System afin de produire de plus grosses pièces pour servir de nouvelles filières énergétiques.
Un pari en attendant la maturité du marché
Si le directeur insiste sur la nécessaire agilité, c’est que la future chaîne devra s’adapter à un marché encore en construction. "Le marché de l’éolien flottant est un marché qui est en train de maturer, qui va se structurer avec des standards qui seront choisis. Nous démarrons avant que ce marché soit mature. Il faut que nous soyons capables de produire ce que la filière nous demandera de produire. Cette ligne est pensée pour être adaptable."