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À Béziers, Instadrone s’installe sur un siège trois fois plus grand pour accompagner sa croissance
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À Béziers, Instadrone s’installe sur un siège trois fois plus grand pour accompagner sa croissance

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Prestataire technique par drone pour l’industrie et l’agriculture, Instadrone a déménagé ses équipes dans un siège trois fois plus grand à Béziers. À la perte d’un contrat majeur en 2024, l’entreprise a répondu par une diversification profitable qui commence à porter ses fruits.

Aurélie et Cédric Botella, codirigeants d’Instadrone, devant leurs nouveaux locaux. En dix ans, ils ont fait de leur entreprise un interlocuteur clé des grands comptes — Photo : Rémi Hagel

Le 1er avril, les 26 salariés du siège biterrois d’Instadrone (5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires 2024) ont emménagé dans de nouveaux locaux à Villeneuve-lès-Béziers (Hérault). Les services occupent désormais 400 m2 de bureaux et 300 m2 de hangar quand, jusqu’à présent, tous se serraient dans 200 m2 à Servian.

"Nous avons perdu 50 % de notre chiffre d’affaires d’un coup. Cela nous a obligés à nous diversifier"

Ainsi installée, l’entreprise spécialisée dans les prestations techniques par drone va pouvoir poursuivre le déploiement de ses activités, mises à mal en 2024 par la perte d’un contrat important. "Notre client Free mobile est passé à la fibre enterrée. Il n’a donc plus recouru à nos services pour l’étude des faisceaux hertziens", explique Cédric Botella, codirigeant de l’entreprise dont Xavier Niel (PDG de Free) est pourtant actionnaire à 30 %. "Alors que nous alignions des croissances fortes depuis dix ans, nous avons perdu d’un coup 50 % de notre chiffre d’affaires. Nous avons dû licencier dix personnes. Cela nous a ébranlés, mais cela nous a obligés à nous diversifier et trouver plus de contrats chez de nouveaux clients", raconte Cédric Botella.

Le nouveau siège compte 400 m2 de plateau adapté pour les différentes équipes, y compris le service de formation d’Instadrone Academy — Photo : Rémi Hagel

La digitalisation d’édifices en plein essor

Outre son métier historique sur les télécommunications (étude d’installation ou inspection de pylônes), Instadrone déploie une palette de services pour l’industrie, l’agriculture, l’asset management, les énergéticiens, etc. Une nouvelle activité a pris une place centrale : la réalisation de jumeaux numériques pour digitaliser des édifices et des ouvrages. "Cela va représenter 30 % de notre chiffre d’affaires en 2025, assure Cédric Botella, cofondateur de l’entreprise avec son épouse Aurélie en 2014. Nous avons notamment gagné un gros contrat avec le groupe TDF (1 700 salariés, 799 M€ de CA) portant sur plusieurs milliers de pylônes."

Plusieurs nouveaux contrats majeurs

Sur son activité de surveillance, la PME peut compter sur un autre contrat d’ampleur signé avec Enedis (CA 2024 : 16 Md€) pour l’inspection de centaines de milliers de kilomètres de lignes électriques sur trois ans. Autre marché : Instadrone s’associe avec le toulousain Telespazio France (500 employés, 87 M€ de CA 2023) pour une solution de détection et de traitement du datura, une plante toxique invasive. Les drones survoleront 50 000 hectares de cultures en 2025.

Une cinquantaine de pilotes franchisés

Ainsi, d’un mal est né un bien. Aujourd’hui, ces diversifications portent la croissance de la PME héraultaise, qui a réalisé 10 000 prestations en 2024. Elle a recruté trois personnes en 2025 et compte en embaucher deux de plus. Pour effectuer ses mesures, Instadrone s’appuie en outre sur un réseau de 40 pilotes franchisés formant trente agences en France, ainsi que sur 15 autres franchisés au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et en Espagne. "Cette année, nous pensons retrouver notre chiffre d’affaires de 2023, soit 6,5 millions d’euros", se réjouit le dirigeant.

Des services à venir à fort potentiel

"Les entreprises n’ont pas pris la mesure du potentiel des drones. On en exploite seulement 10 %", perçoit-il. Des sujets d’avenir se font jour : Instadrone mise sur les drones autonomes du chinois DJI, dont il est référent en France. La base de ces drones est installée chez le client, les drones sont pilotés par un opérateur à distance. "Nous sommes parmi les premiers à en proposer".

Autre sujet qui "ouvre des perspectives incroyables", la livraison d’échantillons de sang par drone, entre les laboratoires d’analyses et les hôpitaux. En jeu : un gain de temps, une décongestion du trafic urbain, une réduction de la pollution. Des tests sont en cours avec le groupe de laboratoires Inovie (7 515 salariés, CA 2023 : 1 Md€). Un aboutissement est espéré dans l’année.

Un futur nouveau siège dans deux ans

Le nouveau siège va permettre d’amplifier la R & D. "Nous pourrons produire des solutions recherchées par nos clients", explique son dirigeant, grâce au bureau d’études et à l’atelier. Cédric Botella, par ailleurs vice-président de l’agence de développement économique locale, Pulse, prévoit de n’y rester que deux ans en location, en attendant d’intégrer un bâtiment en tant que propriétaire, dans la zone de Mazeran, à proximité du producteur d’hydrogène Genvia (180 salariés), l’un de ses importants clients.

Former plutôt que se faire doubler

Pour renforcer le lien avec ses clients grands comptes, la PME a créé l’Instadrone Academy depuis trois ans. "Nous leur transmettons notre savoir-faire. Nous savons que le drone sera l’outil de demain et qu’il sera internalisé de toute façon. Nous laissons nos clients internaliser les missions récurrentes et gardons une hyperspécialisation sur les prestations à plus-value. Nous leur vendons par ailleurs la formation et l’accompagnement. Cela nous permet de garder le contact avec nos clients, être au fait de leurs besoins", détaille le chef d’entreprise. Avec 80 stagiaires attendus en 2025, cette filiale est rentable.

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