Alpes-Maritimes
"Avec Erco, nous aimerions revenir en France et Europe pour vendre nos arômes alimentaires et nos parfums"
Interview Alpes-Maritimes # Agroalimentaire # International

Malek Ziani directeur général de Erco "Avec Erco, nous aimerions revenir en France et Europe pour vendre nos arômes alimentaires et nos parfums"

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À Mouans-Sartoux, Erco fabrique et développe des arômes alimentaires et parfums qui sont exportés dans le monde entier. Son dirigeant, Malek Ziani, veut aujourd'hui revenir sur des marchés français et européens d'où l'entreprise s'est peu à peu retirée avec le temps. En passant notamment par de la croissance externe.

Malek Ziani dirige l'entreprise Erco, basée à Mouans-Sartoux — Photo : Olivia Oreggia

Quelle est l’activité d’Erco ?
Erco est spécialisée dans la fabrication et le développement d’arômes alimentaires essentiellement, et de parfum. La société existe depuis 1989. Je l’ai rejointe en 2013 pour la reprendre pleinement en 2016 après mes études en physique chimie puis en ingénierie du bâtiment durable et intelligent. Nous sommes passés de 3 à 8 salariés et réalisons 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires.

Où vos clients sont-ils implantés ?

Dans le monde entier. Ce sont des acteurs de l’industrie agroalimentaire : laiteries biscuiteries, glaciers, fabricants de boissons ou de plats préparés. Nous réalisons 50 à 60 % de notre chiffre d’affaires en Afrique du Nord. Le fret maritime est peu coûteux et est régulier. Nous sommes également présents en Asie. Erco a toujours eu ce positionnement international mais nous nous sommes un peu privés des marchés français et européen pendant des années.

Pourquoi avoir ainsi "mis de côté" la France et l’Europe ?

Il n’y avait pas du tout de nécessité. Quand ma famille a repris l’entreprise, nous étions présents en France et dans plusieurs pays d'Europe. Puis il a été décidé de se consacrer aux marchés les plus rentables et dynamiques. Cependant, les choses ont un peu changé : nos concurrents et confrères n’étaient pas présents partout, que ce soit en Algérie, en Thaïlande ou en Indonésie par exemple. Ces marchés mondiaux n’étaient pas vierges mais nous avions tous les mêmes contraintes. Désormais, ils sont implantés sur place et produisent localement, avec des prix locaux, ce n’est plus la même bataille. C’est David contre Goliath. Et même si nous parvenons à être concurrentiels, nous sommes lésés par le prix et les contraintes du transport, et par les barrières douanières. Aujourd’hui, nous aimerions revenir un peu en France et en Europe, y renforcer notre positionnement, ce qui est assez compliqué.

Quels sont les freins ?

Le marché européen est très dynamique et mature. On n’y entre pas facilement, on ne remplace pas quelqu’un qui est déjà en place. Il y a des marchés ou des clients chez qui je n'arriverai pas à rentrer, j'ai essayé. Mais on va réessayer et on va y arriver.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

En pénétrant autrement, via notamment de la croissance externe, en plus de la croissance organique. C’est pour cela que je suis le parcours Boost de l’UPE06 avec l’IRCE. Tout ce que j’apprends, je le mets en pratique immédiatement car il y a peu d’entreprises de ma taille à racheter. J’ai déjà identifié 3 ou 4 cibles. Et si on réalise une acquisition, je pense que je pourrai trouver des synergies pour que mon équipe arrive à devenir plus complète.

Quels sont vos objectifs désormais ?

Nous réalisons 5 % de croissance annuelle, ce qui est correct mais insuffisant. Avant de commencer Boost Côte d'Azur, je comptais doubler mon chiffre d’affaires en 3 ou 4 ans. Maintenant, je vise cet objectif à horizon 2030.
Par ailleurs, si la partie arômes alimentaires représente 80 à 85 % de notre chiffre d’affaires, nous recevons de plus en plus de demandes en parfumerie. Nous ne donnions pas suite jusqu’à présent pour capitaliser sur nos savoirs en matière d’arômes alimentaires (nous disposons d’une base de 35 000 à 50 000 formules en la matière). Désormais, nous acceptons, nous savons très bien faire. Et le parfum français grassois a beaucoup de succès. Il est tout à fait acceptable de le vendre à un prix au-dessus du marché, contrairement à un arôme alimentaire. Il y a peut-être une carte à jouer pour nous.

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