Avec Cleyrop, iPepper veut sortir l’IA de Paris pour l’amener aux PME locales
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Avec Cleyrop, iPepper veut sortir l’IA de Paris pour l’amener aux PME locales

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Rendre l’intelligence artificielle encore plus simple et efficace pour les PME est l’objectif de iPepper et de Cleyrop. Les deux entreprises veulent proposer des solutions de confiance pour que l’IA ne soit pas le monopole des grandes sociétés, de surcroît parisiennes.

Jérôme Valat, cofondateur et dirigeant de Cleyrop, et Arnaud Pinte, président de iPepper, ont signé un partenariat stratégique qui devrait permettre de démocratiser l’IA auprès des PME notamment — Photo : Olivia Oreggia

C’est un partenariat qui se veut stratégique entre deux entités. D’un côté, iPepper (80 collaborateurs, CA : 6 M€), expert de la data et de l’IA au sein du Village By Crédit Agricole à Sophia Antipolis, présidé par Arnaud Pinte. De l’autre, Cleyrop (35 salariés, CA : NC), éditeur de solutions IA, une start-up créée à Rouen en Normandie, et hébergée jusque récemment au Village by CA Rouen: son siège social a été transféré à Paris mais le dirigeant et cofondateur, Jérôme Valat, vit non loin de la technopole azuréenne.

Une question de confiance

Le premier compte surtout des start-up et des PME parmi ses clients. Le second, des ETI ou organisations privées ou publiques, telles que l’IRSN, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire ou encore l’Agence Nationale du Médicament. Autant dire que les données sensibles, ça le connaît.

"Il y a une énorme crainte des entreprises de perdre leur savoir-faire, explique Jérôme Valat. Car à force de papoter avec ChatGPT, on leur prend beaucoup de choses. Instaurer un cadre de confiance, c’est déjà n’avoir aucune technologie non européenne dans la solution. Et d’autre part, un fonctionnement de l’IA qui ne peut pas sortir de l’intérieur de l’entreprise."

Démocratiser l’IA auprès des plus petits

Les deux sociétés vont donc désormais proposer des offres couplées : Cleyrop fournit la plateforme, iPepper effectue "le dernier kilomètre. C’est-à-dire arriver à créer véritablement l’application IA nécessaire et l’intégrer dans les processus métiers existants."

Une complémentarité qui permettra de démocratiser l’IA, essentiellement auprès des plus petites entreprises. "Il est possible d’entrer par un cas d’usage comme le traitement documentaire par exemple, explique Arnaud Pinte. On peut développer un petit bot pour dire au dirigeant quels sont ses contrats qui arriveront à échéance le mois prochain. Quelques semaines après, il pourra lui demander de faire une cartographie de compétences de l’ensemble de ses salariés. Sans changer de solution."

Risque de fracture numérique

Révolutionner l’IA pour la rendre ainsi "consommable", l’objectif est encore bien loin d’être atteint. S’il est basé sur la Côte d’Azur, iPepper compte plusieurs implantations en France (à Lyon, Nantes, Aix-en-Provence), dont une à Paris. Incontournable. De son côté, "Cleyrop est basée à Paris, ça en dit long, confie Jérôme Valat. Là aussi il faut que la technologie sorte du périphérique parisien. Ce n’est pas rien. Très souvent, les grandes organisations s’y concentrent parce que c’est là qu’est le pouvoir économique en France. Nous en sommes là pour l’IA. Plus on s’éloigne de la tour Eiffel, plus on constate que les adoptions ne sont pas du tout engagées, pas enclenchées. Et il faut faire assez attention à ce qu’on ne soit pas en train de se créer une nouvelle fracture numérique dans le territoire français."


"Il existe aussi une rupture entre les grands groupes qui ont les moyens de financer des équipes de data engineers ou des data scientists à demeure et d’expérimenter des choses, et les petites entreprises qui n’ont pas cette capacité, analyse Arnaud Pinte. C’est pour cela que nous nous sommes engagés sur ce marché, avec succès, et que nous allons pouvoir, ensemble, accélérer l’adoption de l’IA dans les PME."

Parce que cette acculturation est une course de fond, les deux nouveaux partenaires ont choisi de ne pas se fixer, pour commencer, d’objectifs chiffrés.

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