Mondialement connue et reconnue, la spécialité de Grasse est le parfum, pas la tech. Aussi n’est-ce pas Arnaud Pinte que l’on aurait attendu à la présidence du Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse.
L’impact avant tout
Président et fondateur du groupe iPepper (80 collaborateurs, CA : 6 M€), expert de la data et de l’IA entre Mouans-Sartoux et Sophia Antipolis, a été élu pour succéder à Charlotte Daeffler. Tech ou autre, ce qui l’anime est d’avoir de l’impact. "Cela fait vingt ans que je suis dans l’IT où on se dit partenaires de grands groupes, explique-t-il, mais finalement on n’est partenaire de rien, parce que l’on est interchangeable. Ce que je trouve passionnant dans le Pays de Grasse est que c’est une terre industrielle, concrète. C’est très opérationnel. Et lorsque j’interviens dans une entreprise, je suis peut-être seul, avec deux ou trois ingénieurs à modeler l’efficacité interne, c’est très impliquant et c’est passionnant."
Ainsi, dans son premier discours officiel, Arnaud Pinte rappelé que c’était le maire de Grasse, Jérôme Viaud qui l’avait convaincu de venir s’installer sur ces terres, arguant qu’il "valait mieux être un leader à Grasse qu’un suiveur à Sophia". Dont acte.
À ses côtés, un nouveau bureau a également été élu, composé de Jeanne Lions (ancienne présidente de Tournaire) qui devient vice-présidente, Nathalie Daoud (cofondatrice et codirigeante de Kyf Production) et Vincent Manget (directeur des laboratoires de la division Parfumerie chez Robertet).
Cap sur l’économie régénérative
Un changement dans la continuité. Car la feuille de route de l’association reste solidement ancrée dans la post-croissance, Graal des entrepreneurs grassois, pionniers du territoire azuréen en matière d’économie régénérative. "C’est une évidence, souligne Arnaud Pinte. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si on doit se lancer, mais de savoir comment et à quelle vitesse."
Pour accompagner encore plus efficacement le Club sur ce chemin, Jeanne Lions, la nouvelle vice-présidente, et Olivier Guérin (agence l’Ambassade), l’un des adhérents, ont même suivi le parcours de la Convention des Entreprises pour le Climat pour retransmettre la bonne parole aux membres.
L’industrie version spatiale
Tout en gardant ce cap, Arnaud Pinte veut "ouvrir une réflexion sur une quatrième filière" pour représenter l’industrie. "Le déclic s’est fait avec toutes les initiatives menées à Grasse par Acri-ST (spécialiste du traitement des données environnementales issues de l’observation de la Terre par satellites et du New Space, NDLR), qui a envie de continuer à s’impliquer et qui m’a appris qu’il y avait tout un écosystème d’entreprises du spatial à Mouans-Sartoux, dans le Pays de Grasse."
Doubler les rangs
Cette filière viendrait s’ajouter à celles des parfums et arômes avec Grasse expertise, au numérique avec Grasse à la Tech, et à la dernière-née, Bâtiment et aménagement, directement liée à l’économie régénérative.
Voilà qui devrait aider la nouvelle équipe à atteindre l’un des objectifs affichés : a minima doubler le nombre d’adhérents en deux ans. "C’est aussi une garantie, en termes de moyens financiers, pour continuer de porter tous ces projets et de démultiplier les forces de fond, précise Arnaud Pinte. Aujourd’hui, nous avons 160 adhérents. Avec 3 000 entreprises sur le Pays de Grasse, ça nous laisse une petite marge de manœuvre ! "