L'entrée en vigueur de la RT2012 pour les immeubles neufs de bureaux à la fin de ce mois et un décret attendu pour les autres locaux professionnels posent une question. Après les friches industrielles, la France va-t-elle connaître des friches d'immeubles tertiaires trop vétustes pour être réhabilités?
Objectif de réduction de 38%
Maurice Gauchot, président de CBRE, chargé par Philippe Pelletier - le Monsieur "Plan Bâtiment" du Grenelle - de coordonner la préparation du décret sur la rénovation énergétique du parc bâti tertiaire, devait présenter à la fin de ce mois d'octobre les conclusions des réunions de concertation qu'il a pilotées. L'objectif fixé par le Grenelle est la réduction de 38% de la consommation d'énergie primaire dans ces locaux à l'horizon 2020. Vaste programme! Rien que pour les bureaux, 150millions de mètres carrés seraient concernés, dont le tiers en Ile-de-France.
«On lance des plans sans se soucier des réalités»
«Comme d'habitude en France, on lance des plans sans se soucier des réalités. Il faudra au moins deux générations pour y parvenir», confie un professionnel du secteur. L'enjeu est de taille: «La demande environnementale est très forte, souligne Aurélie Lemoine, du Cabinet Richard Ellis. Elle entre dans la détermination des loyers. Les propriétaires s'interrogent.»
«Il faut restructurer»
L'immobilier de bureau est dans sa grande majorité détenu par des investisseurs - institutionnels ou pas - dont l'approche est marquée au sceau de la rentabilité. «Nous avons assisté, sur une période de quatre à cinq ans, à une véritable évolution du discours, note Magali Marton, directrice Research chez DTZ. Au démarrage de la certification HQE, les investisseurs y voyaient un relais de croissance des loyers. Dans un deuxième temps, ils ont considéré que ce qui serait durable serait au prix du marché, le reste en dessous. Aujourd'hui, la question ne se pose même plus: pour avoir la moindre chance de recommercialiser, il faut restructurer.» Des restructurations qui posent une foule de problèmes. Avec le risque d'une explosion du nombre d'immeubles frappés d'obsolescence. Restera alors à valoriser le foncier.
Les considérations environnementales auront-elles des répercussions nocives sur le tertiaire français dans les années qui viennent?
150millions de mètres carrés seraient concernés par les prochaines dispositions, dont le tiers en Ile-de-France.