André Mounier : «Le marché national et la vieille Europe ne suffisent plus»
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André Mounier : «Le marché national et la vieille Europe ne suffisent plus»

Pour André Mounier, président de la CCI de Saint-Étienne/Montbrison, l'international n'est pas réservé aux grands groupes. Les PME ligériennes ont aussi des opportunités à saisir.


Au 3e trimestre 2009, la Loire a enregistré une baisse de 26,2% de ses exportations et de 24,7% de ses importations. Peut-on espérer une reprise sur 2010?


Je l'espère. Ce qu'il faut bien prendre en compte, c'est que la Loire a longtemps été considérée comme le parent pauvre des exportations. Aujourd'hui, la donne a changé. On devient un des départements les plus actifs de Rhône-Alpes à l'international. Nos entreprises ont compris que pour se développer et avoir une croissance stable, il faut avoir une présence forte à l'international. Le marché national et la vieille Europe ne suffisent plus. Il faut aller encore plus loin vers des pays émergents que sont les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine.




La vieille Europe reste le principal client de la Loire. Les fameux BRIC ne pèsent que 8,2% des exportations de la Loire. Qu'est-ce qui freine la conquête du grand export?


L'international est une démarche économique absolument nécessaire et vitale pour le développement des entreprises, mais c'est aussi une démarche nouvelle. Et puis notre tissu économique est composé de PME et TPE qui n'ont pas toujours la connaissance de cette démarche technique et d'ingeniering assez particulière qu'est l'international. Notre rôle de CCI est de les sensibiliser, de les informer, de les former et de les accompagner. Aujourd'hui, la plupart de nos industriels commencent à travailler à l'international, à exporter leurs savoir-faire qui font la richesse de notre territoire. Des savoir-faire qui ne sont pas suffisamment connu et reconnu. On souffre d'un déficit d'image que j'appelle un déficit de marketing territorial. Cela étant, l'image du territoire change progressivement, peut-être aussi grâce à notre culture du design. Les secteurs de pointes sont aujourd'hui tous présents à l'international que se soit l'optique, les technologies de la santé ou même l'agroalimentaire. Et puis notre territoire a été labellisé sur 3 grappes d'entreprises alors qu'il y en a 8 en Rhône-Alpes. Cela veut dire qu'il y a une reconnaissance et une considération de l'outil industriel ligérien. On est certes pas encore suffisamment présent, mais l'export à tout de même fait un bon de plus de 50% en cinq ans.
Outre les BRIC, quels sont les marchés à surveiller?
L'Allemagne, qui est notre premier partenaire commercial, le Royaume-Uni qui offre de nombreuses opportunités (TIC, énergie, produits alimentaires, sous-traitance industrielle), les Émirats Arabes Unis qui sont en forte croissance et la Turquie qui représente un marché de plus de 75millions d'habitants avec une prévision de croissance de 3,5% sur 2010. La Turquie qui, grâce à ligne aérienne vers Istanbul, est aujourd'hui à 4heures de Saint-Étienne.
L'international c'est aussi les implantations à l'étranger. Dans la Loire, 67 entreprises disposent d'implantations à l'étranger. C'est peu!
Ce n'est pas propre à notre territoire. Il y a dix ans, s'implanter à l'étranger était réservé aux grands groupes. Aujourd'hui, on voit de plus en plus de PME s'installer à l'étranger. Et pas forcément pour des raisons de coût social. Lorsque l'on s'installe en Chine, c'est pour travailler sur le marché asiatique. Ce n'est pas forcément pour diminuer les coûts de production par 4 ou par 5. Certes, on n'est pas suffisamment présent à l'étranger, mais c'est aussi parce que la taille de nos entreprises n'est pas suffisante. Les plateformes collaboratives que l'on met en place permettent aujourd'hui de pallier à cette notion de taille critique. L'international n'est pas réservé aux grands groupes. De plus en plus de petites PME s'allient pour partir et faire du business à l'international.

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