Impossible d’échapper au phénomène sur les réseaux sociaux et en grandes surfaces : à la suite du précurseur Franui, fabricant argentin créé en 2013, les marques de fruits givrés enrobés au chocolat déferlent sur le marché français et européen depuis 2024. Parmi elles, le montpelliérain Idalia (45 salariés), fondé en fin d’année dernière, profite à plein de la demande exponentielle sur ce segment : il projette un chiffre d’affaires prévisionnel de 12 millions d’euros dès sa première année, et prévoit de le doubler en 2026.
Une opportunité de marché vite saisie
Idalia est née de l’association entre l’importateur-exportateur Guilhem Remaoun et le pâtissier, chocolatier et artisan glacier montpelliérain Gérard Cabiron, meilleur ouvrier de France 2007. Le premier constatant le manque de pots Franui sur le marché français face à la demande, le duo lance l’activité dans le petit atelier (50 m2) du second en janvier 2025. Si Idalia commence par le produit le plus vendeur (la framboise givrée), la présence de Gérard Cabiron, qui élabore chaque recette, lui permet de proposer rapidement plusieurs saveurs (enrobages chocolats noir, blanc, au lait et chocolat/pistache). "Notre ambition est d’aller plus loin que la framboise et de créer une vraie gamme de fruits glacés", confirme Guilhem Remaoun, président et cofondateur de la marque aux côtés de Yannick Demaisoncelle et Mounir El Faiz, qui annonce au moins deux nouveaux fruits d’ici la fin 2025.
Une demande en forte croissance
Très vite approchée pour toutes les enseignes de GMS (E. Leclerc, Auchan, Intermarché, Carrefour, Spar…), mais aussi par certains grossistes et circuits d’épiceries spécialisées, Idalia voit son carnet de commandes exploser en quelques semaines… sans pouvoir servir tout le monde (délai de livraison, encore aujourd’hui : 60 jours). Dès le mois d’avril, la jeune PME doit investir un million d’euros pour se transférer sur un nouveau site de 750 m2 aux portes de Montpellier, afin de créer son premier labo et acheter des machines de production et des chambres froides. Tandis que ses effectifs bondissent de 6 à 45 salariés, ses capacités de fabrication passent de 1 500 à 14 000 pots produits par jour.
De quoi imposer la marque partout en France. "Nos concurrents n’ont pas encore inondé le marché national. Nous sommes le seul fabricant français présent en grandes surfaces. Nous avons le meilleur produit en qualité : la meilleure framboise, mais aussi le meilleur chocolat, avec un taux de cacao supérieur aux autres marques. Côté prix, nous sommes moins chers que Franui, sur qui nous prenons de l’avance", vante Mounir El Faiz, directeur des opérations d’Idalia.
Investir pour survivre à l’effet de mode
Mais l’effort financier ne suffit pas tant la demande reste forte. Si bien qu’Idalia investit déjà un autre million d’euros dans sa deuxième extension de l’année : un entrepôt mitoyen de 750 m2 également où, dans l’été, elle va installer d’autres chambres froides. Elle va aussistructurer ses services. "Nous n’avons toujours pas de commerciaux, les commandes arrivent toutes seules !", s’amuse Guilhem Remaoun. L’investissement va également lui permettre de créer des labos dédiés aux nouveaux fruits givrés. D’ici la fin 2025, les effectifs devraient atteindre les 80 salariés. Idalia ambitionne alors d’être distribué dans 1 000 points de vente en France, contre 450 en juin.
Sans douter de la pérennité de ces produits au-delà du buzz mondial sur TikTok et Instagram. "L’effet de mode touche surtout la framboise. Pour notre part, nous nous donnons les moyens d’innover tous les 6 mois avec un nouveau fruit. Ce type de gourmandises va s’imposer sur la durée, quelle que soit la saison, en été pour se rafraîchir mais aussi lors des fêtes de fin d’année entre deux coupes de champagne", veut croire Guilhem Remaoun.