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Altho Brets craque pour une nouvelle usine
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Altho Brets craque pour une nouvelle usine

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Le chipsier morbihannais Altho Brets a lancé la construction d’une nouvelle usine sur son site de Saint-Gérand, près de Pontivy. 123 millions d’euros vont être investis pour ce projet. Il permettra de répondre à la demande croissante du marché aussi bien pour sa marque Brets que pour les marques de distributeurs.

Laurent Cavard, PDG d’Altho Brets, dévoile les contours des ambitions de l’ETI spécialisée dans la fabrication de chips — Photo : Ségolène Mahias

Aujourd’hui, elle porte encore le nom de NP2. En 2026, NP2 sera la nouvelle usine XXL d’Altho Brets, le leader français de la chips aromatisée. Basé à Saint-Gérand, près de Pontivy, ce poids lourd de la chips, aux capitaux 100 % français, construit un nouveau site en face de son usine actuelle. "Nous ne pouvons actuellement pas répondre aux demandes que nous avons", dévoile Laurent Cavard, PDG de la société.

Brets, la petite marque bretonne devenue nationale

L’ETI morbihannaise est victime de son succès ou presque. En effet, ces travaux répondent à la place qu’occupe Altho sur le marché. Leader français de la chips aromatisée avec sa marque Brets et deuxième sur l’ensemble du marché de la chips, l’entreprise représente aujourd’hui une chips sur deux croquées en France. Elle produit 46 300 T de chips par an, soit une croissance de 67 % en cinq ans, pour un chiffre d’affaires de 280 millions d’euros en 2023. Si Altho commercialise ses produits sous sa marque Brets, elle travaille aussi pour la totalité de la GMS en marque distributeur. Or, face à un outil en voie de saturation, elle a dû faire des choix. "Nous avons dit non à des commandes, à des marchés en marque distributeur pour répondre à la croissance de notre marque Brets, liée aux chips aromatisées. Ce marché croît de 3 % par an. Nous sommes passés du réduit breton à une marque nationale", explique le dirigeant.

Pour répondre à la demande et suivre la croissance de Brets, la construction d’un nouvel outil devenait cruciale. À terme, la nouvelle usine va permettre à l’entreprise de produire 25 000 tonnes de chips. "Nous allons démarrer avec une première ligne à la fin du premier trimestre 2026 avec une capacité de 15 000 tonnes et nous prévoyons une seconde ligne par la suite pour atteindre ces 25 000 tonnes au total. "

123 millions d’euros investis

Sur ce site, Altho Brets va aussi implanter un stockage automatisé avec un transstockeur, un entrepôt de stockage de grande hauteur et automatisé. "Actuellement, nous avons plusieurs sites extérieurs de stockage ce qui entraîne des flux de camions. Ce n’est pas bon pour le bilan carbone, ni pour avoir une gestion globale des stocks et c’est sans valeur ajoutée. Voilà pourquoi nous optons pour un seul site de stockage qui concentrera la production des deux usines", précise le dirigeant d’Altho. Une quarantaine d’emplois vont être créés avec ces nouveaux projets. À date, l’effectif global de l’entreprise est 453 personnes soit une croissance de 141 postes entre 2018 et 2023.

L’investissement pour se doter d’un nouveau navire amiral est majeur pour Altho Brets. 123 millions d’euros vont ainsi être investis. 95 millions d’euros seront directement fléchés pour ce nouvel outil industriel et sa première ligne de production. Les 28 millions restants de l’enveloppe vont concerner l’usine actuelle ainsi que celle du Pouzin, en Ardèche, qui a été construite en 2014.

Soutenue par la Région et l’Europe

Le chipsier a reçu une subvention d’un million d’euros pour soutenir son projet de développement. Cette aide se répartit, à hauteur de 400 000 euros pour la Région Bretagne via son dispositif Pass Compétitivité. Elle est complétée pour un montant 600 000 euros par le fonds européen Feader. Si les fonds régionaux et européens ont été au rendez-vous des projets de l’ETI, Laurent Cavard confesse "avoir candidaté à France 2030 sans avoir rien reçu" malgré des pitchs, des voyages à Paris, des rencontres avec des conseillers ministériels. "Pourtant c’est un projet de reconquête industrielle nationale avec la création et le renforcement d’emplois locaux ainsi que le renforcement de la filière agricole pour nos approvisionnements", regrette-t-il.

La consommation d’eau fortement réduite

Ce projet de nouvelle usine comporte aussi plusieurs volets environnementaux. La nouvelle usine sera économe en eau, et c’est la gestion de l’eau dans sa globalité qui sera revue, assure le dirigeant d’Altho. "Nous allons investir massivement sur la réutilisation des eaux traitées. Entre ça et l’augmentation de la capacité de la station d’épuration, c’est un investissement de 15 millions d’euros qui va nous permettre de baisser la consommation d’eau de 31 % par kg de chips. "

Rénovation de l’usine historique

Le nouvel outil industriel avec son offre capacitaire va aussi permettre de moderniser l’usine historique. "C’est notre prochain projet. Nous le lancerons après la mise en service de la nouvelle usine. L’usine actuelle a trente ans. Nous y avons beaucoup investi dans le temps mais elle est trop congestionnée aujourd’hui. Nous allons aussi travailler sur la qualité de vie au travail", détaille le dirigeant de l’entreprise. Cette phase de modernisation verra aussi une diminution de la production au sein de cette usine. "En net, nos deux outils permettront un gain de production de 15 000 T par rapport à aujourd’hui", précise Laurent Cavard.

Des pommes de terre 100 % françaises

Pas de chips sans pommes de terre. Là où Altho se distingue des autres acteurs phares du marché en n’utilisant que des pommes de terre françaises, l’ETI morbihannaise travaille en filière intégrée. "Nous sommes les seuls chipsiers à travailler en direct avec 260 agriculteurs français pour un tonnage qui atteint 170 000 tonnes en 2024 versus 162 000 tonnes en 2023." L’entreprise s’engage sur des principes de juste rémunération des agriculteurs qui est garantie par contrat. Nous travaillons aussi sur une traçabilité totale, de la pomme de terre jusqu’au sachet. "La grande majorité de nos producteurs sont bretons mais aussi installés dans les Landes, en Rhône-Alpes."

L’appétit de Brets

Fort de son nouvel outil, Altho Brets affiche toujours un appétit de conquête pour sa marque Brets. "Nous avons progressé en région Rhône-Alpes mais nous devons encore progresser dans le Sud et en région parisienne. La marque Brets fait écho chez les consommateurs car nous sommes un fabricant français qui travaille des pommes de terre françaises, qui n’utilise que de l’huile de tournesol et des arômes naturels", conclut le PDG d’Altho.

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