Agencement : Pas seulement pour faire beau
# Immobilier # Conjoncture

Agencement : Pas seulement pour faire beau

Si le chef d'entreprise a le droit de se faire plaisir quand il aménage son entreprise, il doit aussi penser au bien-être de ses salariés. Un agencement bien pensé aura forcément des incidences sur les performances de la société.

«Tout ce qui peut contribuer au confort des utilisateurs est de plus en plus important pour nos donneurs d'ordre.» Cofondatrice avec Richard Galland de l'agence Majorelle, à Paris, Lucy Bakli constate une profonde évolution du métier "d'aménageur d'espaces" professionnels où il ne s'agit plus seulement de meubler des bureaux mais de créer de véritables espaces de vie. Majorelle compte à son actif des réalisations majeures à Paris et en région, comme le siège du Progrès à Lyon, la Caisse régionale du Crédit agricole d'Ille-et-Vilaine ou encore le siège du Conseil général du Tarn-et-Garonne. Créée en 1985, l'agence spécialisée dans les aménagements tertiaires porte une conviction: «changer les lieux pour changer l'entreprise.»




Correspondre au style de l'entreprise

«Un espace professionnel ne doit pas seulement être beau mais aussi fonctionnel, agréable à vivre et flexible», explique Lucy Bakli. À la clef: l'image de l'entreprise auprès de ses partenaires mais aussi et surtout auprès de ses collaborateurs, «pour éviter qu'ils aillent voir ailleurs.» Du coup, «il faut inventer la vie qui corresponde à chaque style d'entreprise. C'est chaque fois du sur-mesure, sans droit à l'erreur car une conception d'espaces coûte cher et le projet doit être rentable.» Un des premiers axes de la réflexion est la fluidité dans l'entreprise. «À une époque où tout doit aller très vite, les collaborateurs d'une société veulent pouvoir rapidement passer d'un lieu à un autre, d'une salle de réunion à un téléphone. On note parfois là des conflits de génération entre des salariés encore installés dans les habitudes de travail d'il y a dix ou vingt ans et les jeunes collaborateurs qui ont l'habitude de téléphoner ou de surfer partout», souligne Lucy Bakli. L'ergonomie compte au titre des priorités. La profession évolue avec des paramètres de plus en plus nombreux: rôle des partenaires sociaux dans les projets, normes, réglementations, développement durable - un critère de sélection. «Heureusement, les techniques évoluent aussi et nous offrent aujourd'hui des matériaux très intéressants. C'est vraiment passionnant!»




Des techniques qui évoluent

Lucy Bakli insiste sur l'intérêt d'intégrer le concepteur d'espace en amont du projet, qu'il s'agisse de neuf ou de réhabilitation. «Nous pouvons préconiser des plafonds sans éclairage au bénéfice des éclairages individuels ou personnalisables, l'intégration de l'acoustique, les trames de façade. Après, tout est plus facile et économique dans les évolutions.» La tendance actuelle: «très blanc, très pur, très transparent, très futuriste. L'urbanisme d'intérieur devient très évanescent, avec des jeux de transparence, des découpes de cloison. Les couleurs sont judicieusement posées pour les marquages de lieux, la signalétique.» Et la pose de végétaux? «Oui, si elle est contrôlée car les végétaux vieillissent mal. Les collaborateurs ne doivent pas être envahis par les plantes. La combinaison de "wallpaper" et de plantes offre un réel intérêt.»

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