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Emploi

Interview Ludovic Favray : "The Job prouve que le recrutement à l’aveugle fonctionne"

Entretien avec Ludovic Favray, directeur de Chaussea Auray et créateur de The Job

Propos recueillis par Ségolène Mahias - 16 juin 2022

Un rideau noir, d’un côté des recruteurs et de l’autre des candidats qui ont 2 mn 30 pour exposer leur parcours et leurs attentes. L’initiative porte le nom de The Job. Inédite en France, elle a vu le jour à Vannes sur l’initiative de Ludovic Favray, directeur d’un magasin Chaussea.

Ludovic Favray, directeur du magasin Chaussea d’Auray, a mis sur les rails The Job, un concept de recrutement à l’aveugle.
Ludovic Favray, directeur du magasin Chaussea d’Auray, a mis sur les rails The Job, un concept de recrutement à l’aveugle. — Photo : DR

Vous êtes le créateur de The Job, un concept de recrutement à l’aveugle sans CV, comment cette idée vous est-elle venue ?

Je dirige le magasin Chaussea d’Auray. L’idée m’est venue durant le confinement et la fermeture de la boutique. Comme beaucoup, je rencontre des difficultés à recruter. Pas question de me résigner devant ce constat. Il y a des personnes qui cherchent des emplois et des entreprises qui veulent embaucher. C’est le cas partout. Or, le système ne permet pas toujours que Pôle Emploi réponde aux attentes des recruteurs et des recrutés. L’idée était donc de recruter sans CV, à l’aveugle en s’inspirant d’un show télévisé. Il fallait pour cela embarquer des entreprises avec moi. Des dirigeants y ont tout de suite cru. D’autres étaient plus sceptiques. Qu’importe, j’ai organisé une réunion à laquelle ont participé 40 entreprises. Nous avons affiné le concept. Le 29 mars, le premier The Job s’est tenu à Vannes. Nous avons travaillé avec la mission locale, des centres de formation pour sourcer des profils de demandeurs d’emploi, d’étudiants, de personnes en reconversion.

Comment cette première édition s’est-elle passée ?

Nous avons sourcé 257 profils et 47 ont été retenus pour passer ces auditions à l’aveugle. Dans la salle, 60 entreprises étaient présentes, qui recrutaient dans le secteur de la GMS, de l’agroalimentaire, du commerce, du service à la personne, de l’hôtellerie… Les candidats savaient quelles entreprises étaient là mais ne savaient pas quels postes étaient proposés ; les recruteurs devaient, eux, se concentrer sur le savoir-être lors des auditions des candidats. Cachés derrière le rideau, ils avaient 2 mn 30 pour se présenter, exposer leurs motivations, leur projet professionnel. Dans la salle, les entreprises disposaient de fiches où ils pouvaient inscrire le numéro du ou des candidats qu’ils souhaitaient rencontrer par la suite. 20 personnes ont été recrutées en CDI lors de l’événement. Outre les auditions, les candidats pouvaient aussi librement rencontrer les entreprises ensuite. Nous avons eu d’excellents retours des candidats qui ont tous eu des entretiens. Les recruteurs ont tout autant apprécié le concept de lever ces barrières du CV, de créer des temps et lieux d’échange. The Job prouve que le recrutement à l’aveugle fonctionne.

Y aura-t-il d’autres The Job et pourriez-vous l’ouvrir demain à des postes de cadres par exemple ?

Immédiatement, j’ai eu des recruteurs qui m’ont dit "ton projet fait sens, il faut continuer !" Il y aura donc d’autres The Job sur le territoire. Le 12 septembre 2022, nous serons à Auray, au théâtre de l’Ouest, pour une nouvelle édition. Le 27 septembre, c’est à Pontivy que The Job fera escale et le 17 octobre à Redon, en Ille-et-Vilaine. Une édition 2023 est déjà prévue à Vannes, le 21 mars avec de nombreuses entreprises déjà engagées. Effectivement, pourquoi pas demain ouvrir The Job pour des postes de cadres. Nous avons déjà des contacts avec une association qui aide les cadres à retrouver un emploi. Nous sommes ouverts aux besoins en recrutement au sens large. La volonté est d’essaimer dans le Morbihan et pourquoi pas en Bretagne afin d’apporter des solutions aux difficultés de recrutements.

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